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Les démocraties face aux totalitarismes

**Cours : Les démocraties face aux totalitarismes** Imagine-toi en 1933, dans les rues de Berlin. L

Introduction

Cours : Les démocraties face aux totalitarismes

Imagine-toi en 1933, dans les rues de Berlin. Les foules acclament un homme qui vient d’être porté au pouvoir légalement, par les urnes. Cet homme, Adolf Hitler, va pourtant, en quelques mois, réduire en cendres la démocratie fragile de la République de Weimar. Comment en est-on arrivé là ? Comment des régimes ouverts et pluralistes ont-ils pu être submergés par des systèmes qui niaient toute liberté, toute dignité humaine ? Voilà le cœur de notre réflexion aujourd’hui. Au XXe siècle, les démocraties, nées pour beaucoup des cendres de la Première Guerre mondiale, ont été confrontées à leur plus terrible défi : l’émergence et la propagation de régimes totalitaires d’une violence inédite. Nous allons donc nous demander : comment les démocraties européennes, fragilisées par les crises, ont-elles été submergées par les totalitarismes, et quelles formes a pris la résistance pour préserver ou restaurer l’idéal démocratique ?

Pour comprendre cette confrontation, nous allons d’abord analyser les faiblesses des démocraties de l’entre-deux-guerres, qui ont offert un terrain propice à la montée des extrêmes. Ensuite, nous plongerons au cœur des projets totalitaires, fasciste, nazi et stalinien, pour saisir leur logique destructrice. Enfin, nous verrons que face à cette vague de fer et de sang, la résistance démocratique, sous diverses formes, a permis de poser les bases d’un monde nouveau après 1945.

Première partie : Des démocraties fragilisées face à la montée des périls (années 1920-1930)

Au sortir de la Grande Guerre, l’Europe semble se démocratiser. De nouveaux régimes parlementaires voient le jour, comme en Allemagne (République de Weimar, 1919) ou dans les États issus de l’effondrement des empires. Mais ces démocraties sont souvent fragiles, comme des plantes qui poussent sur un sol instable. Concrètement, elles doivent affronter des défis colossaux. D’abord, les séquelles de la guerre : les économies sont ruinées, les dettes immenses, et les sociétés sont traumatisées par le deuil et la violence. Ensuite, la crise économique de 1929 agit comme un véritable tremblement de terre. Elle frappe de plein fouet les États-Unis, puis l’Europe, provoquant chômage de masse, faillites et misère sociale. En Allemagne, le chômage touche près de 6 millions de personnes en 1932. Cette crise ébranle la confiance des citoyens dans les institutions et les partis traditionnels, perçus comme incapables de trouver des solutions.

Dans ce climat d’angoisse et de désespoir, les extrêmes prospèrent. À gauche, les partis communistes, inspirés par la révolution russe de 1917, promettent une société nouvelle et sans classes. À droite, les mouvements nationalistes et autoritaires exploitent la peur du communisme, le ressentiment national (notamment en Allemagne humiliée par le traité de Versailles) et la nostalgie d’un ordre fort. En Italie, dès 1922, Benito Mussolini et ses chemises noires marchent sur Rome, profitant des tensions sociales et de la peur d’une révolution bolchévique. Le roi lui confie le pouvoir. C’est la fin de la démocratie libérale italienne, sans combat véritable. Tu vois ici un mécanisme clé : les démocraties ne s’effondrent pas toujours sous la force brute ; elles peuvent aussi se suicider, par lâcheté ou calcul politique, en cédant le pouvoir à ceux qui jurent de la détruire.

Deuxième partie : L’assaut totalitaire : fascisme, nazisme et stalinisme

Face à ces démocraties vacillantes se dressent des régimes d’un type nouveau, qu’on qualifie de totalitaires. Ce terme, inventé dans les années 1920, désigne un système qui prétend contrôler la totalité de la vie des individus, au nom d’une idéologie toute-puissante. Il ne s’agit pas simplement de dictatures, mais de projets de transformation radicale de l’homme et de la société.

Prenons l’exemple du nazisme, arrivé au pouvoir en Allemagne en 1933. L’idéologie hitlérienne repose sur quelques piliers funestes : le racisme biologique, avec la croyance en la supériorité de la « race aryenne » ; l’antisémitisme viscéral, désignant les Juifs comme l’ennemi absolu à exterminer ; et l’expansionnisme vital, le besoin d’un « espace vital » à l’Est. Une fois chancelier, Hitler utilise l’incendie du Reichstag (le parlement) en février 1933 pour instaurer un état d’exception et éliminer toute opposition. Les autres partis sont interdits, les syndicats dissous, la presse muselée. La terreur est institutionnalisée avec la Gestapo (police politique) et les camps de concentration comme Dachau, ouverts dès 1933 pour les opposants. La société est embrigadée, la jeunesse endoctrinée dans les Jeunesses hitlériennes. Le point culminant de cette logique est la Shoah, l’extermination systématique des Juifs d’Europe, décidée lors de la conférence de Wannsee en 1942.

À l’Est, le régime de Staline en URSS présente des traits similaires, même si son idéologie est différente (le communisme). Lui aussi vise le contrôle total. Dans les années 1930, il lance la « Grande Terreur » : des procès truqués éliminent les vieux bolcheviks, tandis que des millions de Soviétiques sont déportés au Goulag (le système des camps de travail forcé). La police politique, le NKVD, règne par la dénonciation et l’arbitraire. L’État contrôle absolument l’économie via la planification et la collectivisation forcée des campagnes, qui provoque une terrible famine en Ukraine (l’Holodomor) en 1932-1933, faisant plusieurs millions de morts. Ici, c’est au nom d’un avenir radieux, la société sans classes, que l’on massacre et que l’on asservit au présent.

Le fascisme italien de Mussolini est souvent considéré comme moins radical, mais il partage cette volonté de créer un « homme nouveau », soumis à l’État et à la figure du Duce. Il glorifie la guerre, étouffe les libertés et mène une politique impérialiste, comme lors de l’invasion de l’Éthiopie en 1935. Ces trois régimes, par leur dynamique expansionniste et leur mépris des valeurs humaines, plongent finalement le monde dans la Seconde Guerre mondiale.

Troisième partie : Les formes multiples de la résistance démocratique

Face à cette vague totalitaire, la résistance ne fut pas immédiate, mais elle s’organisa, prenant des formes variées. D’abord, il y eut la résistance extérieure, incarnée par la lutte armée des Alliés. Dès 1940, après la défaite de la France, le général de Gaulle lance depuis Londres son appel du 18 Juin, refusant la capitulation et incarnant la France Libre. Cette résistance militaire et politique s’appuie sur les ressources des grandes démocraties qui tiennent bon : le Royaume-Uni de Winston Churchill, qui résiste au Blitz, et surtout les États-Unis de Franklin D. Roosevelt, qui entrent en guerre après l’attaque japonaise sur Pearl Harbor en décembre 1941. La guerre devient alors une croisade pour la défense de la « démocratie » et des « Quatre Libertés » (d’expression, de religion, de vivre à l’abri du besoin et de la peur) proclamées par Roosevelt.

À l’intérieur des pays occupés ou soumis aux régimes de l’Axe, une résistance civile et armée se développe. Elle est souvent dangereuse, clandestine et divisée. En France, elle va du réseau de renseignement « Alliance » aux actions de sabotage de la Résistance communiste (FTP), en passant par la presse clandestine comme le journal « Combat ». Des figures comme Jean Moulin, chargé par de Gaulle d’unifier les mouvements, en deviennent les symboles. Cette résistance n’est pas seulement militaire ; elle est aussi une résistance de l’esprit : protéger des Juifs, comme le firent les habitants du village du Chambon-sur-Lignon ; diffuser des tracts ; maintenir une vie culturelle et intellectuelle libre. Dans les pays baltes ou en Pologne, la résistance fut aussi une lutte pour la survie nationale.

Enfin, la réflexion sur les causes de la catastrophe et sur les moyens de reconstruire un monde plus juste constitue une autre forme de résistance. Dès 1941, Roosevelt et Churchill signent la Charte de l’Atlantique, qui énonce des principes de droit et de liberté. Pendant la guerre, des penseurs comme l’Autrichien Friedrich Hayek dénoncent dans La Route de la servitude (1944) les dangers de tout collectivisme. À la Libération, cette réflexion débouche sur des actes fondateurs : le procès de Nuremberg (1945-1946) qui juge les criminels nazis et crée la notion de « crime contre l’humanité » ; et surtout, la construction d’un nouvel ordre international avec la création de l’Organisation des Nations Unies (ONU) en 1945, dont la Charte commence par « Nous, peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre... ».

📝 À retenir

Cette leçon t'a permis de comprendre les enjeux essentiels de ce thème du programme HGGSP. N'hésite pas à consulter les autres ressources pour approfondir.

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