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HGGSP : les 3 erreurs fréquentes sur les espaces maritimes

4 juin 2026 7 min de lecture

Les espaces maritimes sont un thème central du programme de HGGSP en Terminale (axe 2 du thème 2 : « Faire la guerre, faire la paix » ? Non, plutôt thème 4 : « La mer, un espace de confrontation ? »). Attention : le programme officiel prévoit l'étude des espaces maritimes comme enjeux géopolitiques. Pourtant, beaucoup d'élèves commettent des erreurs classiques qui leur coûtent des points aux épreuves. Pas de panique : on va les décortiquer ensemble, avec des exemples précis et une méthode solide. Prêt à éviter ces pièges ?

1. Confondre ZEE et haute mer : une erreur de définition fondamentale

La première erreur, et sans doute la plus fréquente, est de mélanger les notions de zone économique exclusive (ZEE) et de haute mer. Pourtant, leurs régimes juridiques sont très différents.

La ZEE : souveraineté limitée

La ZEE s'étend jusqu'à 200 milles marins (environ 370 km) des côtes. Dans cette zone, l'État côtier dispose de droits souverains pour l'exploration et l'exploitation des ressources naturelles (poissons, hydrocarbures, minéraux). En revanche, il n'a pas la souveraineté totale : les navires étrangers peuvent y naviguer librement (liberté de navigation) et y survoler (liberté de survol). Exemple : la ZEE de la France est la deuxième plus vaste au monde (11 millions de km²), grâce à ses territoires d'outre-mer. Mais attention : la France n'a pas la pleine souveraineté sur ces eaux, contrairement à ses eaux territoriales (12 milles).

La haute mer : un espace international

La haute mer commence au-delà des ZEE. C'est un espace international où aucun État n'exerce de souveraineté. Le principe de liberté de la haute mer s'applique : liberté de navigation, de pêche, de recherche scientifique, etc. Mais cette liberté n'est pas absolue : elle est encadrée par le droit international (Convention de Montego Bay, 1982). Par exemple, la pêche illicite en haute mer est un problème majeur : des navires battant pavillon de complaisance (Panama, Liberia) échappent aux contrôles. Ne confonds donc pas : la ZEE est une zone de droits économiques pour l'État côtier ; la haute mer est un espace commun (res communis).

2. Oublier les acteurs non étatiques : pirates, ONG et entreprises

Deuxième erreur : ne parler que des États dans la géopolitique des mers. Or, les espaces maritimes sont aussi le théâtre d'acteurs non étatiques essentiels.

Les pirates : une menace ancienne et actuelle

La piraterie n'a pas disparu. Aujourd'hui, elle sévit surtout dans le golfe de Guinée (pétrole), la mer de Chine méridionale (route commerciale) et la corne de l'Afrique (Somalie). Les pirates somaliens, par exemple, ont perturbé le commerce maritime entre 2008 et 2012, forçant les États à mettre en place des patrouilles navales (opération Atalante de l'UE). Mais attention : tous les pirates ne sont pas des « méchants » unidimensionnels. Certains sont d'anciens pêcheurs privés de leurs ressources par la pêche industrielle illégale. Une nuance importante pour une copie HGGSP.

Les ONG : défenseurs de l'environnement

Des ONG comme Greenpeace ou Sea Shepherd agissent en mer pour dénoncer la pollution, la pêche illégale ou le réchauffement climatique. Leurs actions (parfois spectaculaires, comme l'interposition entre baleiniers et baleines) relèvent d'une forme de soft power contestataire. Elles peuvent entrer en conflit avec les États ou les entreprises. Par exemple, en 2023, Sea Shepherd a mené une campagne contre le chalutage profond dans l'Atlantique Nord, provoquant des tensions avec le gouvernement français.

Les entreprises : géants du shipping et du pétrole

Les compagnies maritimes (Maersk, CMA CGM) et les groupes pétroliers (TotalEnergies) sont des acteurs majeurs. Ils cherchent à sécuriser les routes maritimes (détroit de Malacca, canal de Suez) et à exploiter les ressources offshore. Leurs intérêts économiques influencent les décisions des États. Par exemple, la Chine a construit des bases militaires à Djibouti (2017) pour protéger ses routes commerciales et ses approvisionnements énergétiques.

3. Sous-estimer le droit de la mer : un cadre juridique complexe

Troisième erreur : négliger le droit de la mer, alors qu'il est au cœur des conflits maritimes. La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS), signée à Montego Bay en 1982 et entrée en vigueur en 1994, est la « constitution des océans ». Elle définit les différents espaces (eaux territoriales, ZEE, haute mer) et les règles de leur utilisation. Mais elle n'est pas parfaite.

Les lacunes du droit de la mer

L'UNCLOS laisse des zones grises. Par exemple, le plateau continental étendu (au-delà de 200 milles) peut être revendiqué si l'État prouve que son plateau naturel s'étend plus loin. Cela a donné lieu à des conflits en Arctique (Russie, Canada, Danemark) et en Méditerranée orientale (Grèce, Turquie). De plus, les États-Unis n'ont pas ratifié l'UNCLOS (bien qu'ils en appliquent la plupart des dispositions), ce qui affaiblit le régime juridique.

Les contentieux : exemples concrets

La Cour internationale de justice (CIJ) et le Tribunal international du droit de la mer (TIDM) règlent certains litiges. En 2012, la CIJ a tranché un différend entre le Nicaragua et la Colombie sur des îles et des espaces maritimes dans les Caraïbes. En 2016, le TIDM a rendu une sentence sur la délimitation entre le Ghana et la Côte d'Ivoire (gisements de pétrole). Ces exemples montrent que le droit est un outil de régulation, mais aussi un enjeu de pouvoir : les États les plus puissants peuvent contourner les décisions.

Mise en perspective : enjeux géopolitiques et débats actuels

Au-delà des erreurs, il faut comprendre les grands enjeux des espaces maritimes aujourd'hui.

La militarisation des mers

Les mers sont devenues des lieux de compétition stratégique. La mer de Chine méridionale est un point chaud : la Chine revendique 90 % de la zone (ligne en U), en conflit avec le Vietnam, les Philippines, la Malaisie, etc. Elle y a construit des bases militaires sur des îles artificielles (récifs de Spratly). Les États-Unis y mènent des patrouilles de « liberté de navigation » pour contester ces revendications. En 2016, le TIDM a donné raison aux Philippines, mais la Chine a ignoré la sentence. Ce cas illustre les limites du droit international face à un État puissant.

Les ressources : enjeux économiques et environnementaux

Les océans regorgent de ressources : poissons, hydrocarbures, nodules polymétalliques (manganèse, cobalt, nickel) au fond des mers. La course aux ressources alimente les tensions. Par exemple, en Arctique, la fonte des glaces ouvre de nouvelles routes maritimes et l'accès aux ressources, attisant les convoitises (Russie, Canada, États-Unis, Norvège). Parallèlement, la surpêche et la pollution menacent les écosystèmes marins. Des accords internationaux (comme le traité sur la haute mer de 2023) tentent de protéger la biodiversité, mais leur mise en œuvre est difficile.

Conseils de méthode pour réussir en HGGSP

Pour éviter ces erreurs, voici quelques conseils pratiques.

Pour la dissertation

Structure ta copie avec une introduction (accroche, problématique, plan), un développement en 2 ou 3 parties, et une conclusion. Utilise des exemples précis (dates, lieux, acteurs). Par exemple, pour un sujet sur « La mer, un espace de confrontation ? », tu peux opposer les conflits (mer de Chine) à la coopération (lutte contre la piraterie, organisations régionales). N'oublie pas de nuancer : les espaces maritimes sont à la fois des lieux de conflit et de coopération.

Pour l'étude critique de document

Analyse le document (carte, texte, image) en le contextualisant. Par exemple, une carte des ZEE en Arctique peut montrer les revendications des États. Interroge-toi sur la source (qui a produit le document ? pourquoi ?). Croise avec tes connaissances : le droit de la mer, les acteurs, les enjeux.

Pour le Grand Oral

Si tu choisis un sujet sur les frontières maritimes, prépare une question comme : « En quoi le droit de la mer est-il un outil de régulation des conflits maritimes ? » ou « Comment les acteurs non étatiques influencent-ils la géopolitique des mers ? ». Entraîne-toi à répondre de manière argumentée, avec des exemples.

Pour approfondir, consulte nos cours et nos cartes sur les espaces maritimes. Tu peux aussi télécharger nos fiches mémo pour réviser efficacement.

Enfin, pour d'autres matières, n'hésite pas à visiter Allo Lycée ou Allo Bac.

Conclusion

Les espaces maritimes sont un thème riche et complexe de la HGGSP. En évitant ces trois erreurs – confusion ZEE/haute mer, oubli des acteurs non étatiques, sous-estimation du droit de la mer – tu gagneras en clarté et en précision. N'oublie pas : la nuance est ta meilleure alliée. Les mers sont à la fois des espaces de liberté, de conflit et de coopération. Continue à t'entraîner, et tu verras, la géopolitique maritime n'aura plus de secrets pour toi !

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre ZEE et haute mer en HGGSP ?

La ZEE (zone économique exclusive) s'étend jusqu'à 200 milles marins des côtes : l'État côtier y a des droits souverains sur les ressources, mais pas de souveraineté totale (liberté de navigation). La haute mer commence au-delà : c'est un espace international où aucun État n'exerce de souveraineté, régi par le principe de liberté encadré par le droit international (Convention de Montego Bay).

Quels sont les acteurs non étatiques importants dans la géopolitique des mers ?

Les pirates (ex. Somalie, golfe de Guinée), les ONG environnementales (Greenpeace, Sea Shepherd) et les entreprises (compagnies maritimes comme Maersk, groupes pétroliers comme TotalEnergies) jouent un rôle clé. Ils influencent les conflits, la coopération et la régulation des espaces maritimes.

Pourquoi le droit de la mer est-il important pour le bac HGGSP ?

Le droit de la mer (notamment la Convention de Montego Bay, 1982) définit les espaces maritimes et les règles de leur utilisation. Il est central pour comprendre les conflits (ex. mer de Chine) et les coopérations. Les lacunes et les contentieux (CIJ, TIDM) montrent ses limites et ses enjeux.

Quels sont les exemples de conflits maritimes à connaître en Terminale HGGSP ?

La mer de Chine méridionale (Chine vs Philippines, Vietnam), l'Arctique (Russie, Canada, Danemark), la Méditerranée orientale (Grèce, Turquie) et le golfe de Guinée (piraterie). Ces exemples illustrent les rivalités de souveraineté, de ressources et de routes maritimes.

Comment éviter les erreurs dans une dissertation sur les espaces maritimes ?

Définis précisément les notions (ZEE, haute mer, eaux territoriales). Utilise des exemples datés et localisés (ex. 2016, sentence TIDM sur mer de Chine). N'oublie pas les acteurs non étatiques et nuance : les espaces maritimes sont à la fois des lieux de conflit et de coopération.

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