Salut à toi ! Je vois que tu t’intéresses à la méthodologie du croquis en HGGSP, et c’est une excellente initiative. Beaucoup d’étudiants appréhendent cet exercice, mais je te promets qu’avec une bonne méthode, c’est non seulement gérable, mais ça peut même devenir un vrai moment fort de ta copie au Bac. La légende n’est pas une simple liste de figurés ; c’est le scénario de ton raisonnement cartographique. Alors, installe-toi confortablement, et voyons cela ensemble, pas à pas, comme si on travaillait côte à côte en classe.
Comprendre l’esprit de la légende : ta carte a une histoire à raconter
Avant même de parler de figurés, il faut que tu comprennes ceci : ta légende est l’expression organisée de ta réflexion. En HGGSP, on ne fait pas une carte "décorative" ; on construit une démonstration visuelle et spatiale. Ta légende doit donc répondre à la problématique posée par le sujet. Par exemple, si ton sujet est "Les États-Unis dans la mondialisation", ta légende ne va pas simplement lister des éléments sur les USA, mais elle va montrer comment leur territoire reflète et organise leur puissance à l\'échelle mondiale. Ta légende raconte une histoire en 2D. Pour cela, elle doit être structurée, hiérarchisée et logique.
Étape 1 : Le travail préparatoire invisible (la clé de tout !)
Tu ne dois surtout pas te précipiter sur la feuille de papier calque ou sur la carte vierge. La première étape se fait au brouillon, avec le sujet sous les yeux. Prends ton sujet, par exemple "L’Afrique, un continent en recomposition". Pose-toi la question : quelles sont les grandes idées que je DOIS montrer ? En général, tu vas identifier deux à trois grandes parties. Pour notre exemple, cela pourrait être : 1) Un continent marqué par des fragilités et des dépendances ; 2) Mais un continent qui s’intègre dans la mondialisation ; 3) Et qui fait face à de nouveaux défis et aspirations. Ces grandes parties vont devenir les TITRES de ta légende. Ce ne sont pas des thèmes vagues, mais de véritables arguments. Dès ce stade, tu as déjà le plan de ta démonstration.
Étape 2 : Choisir et créer ses figurés : ton alphabet cartographique
Maintenant, il faut trouver les éléments concrets qui vont illustrer chacune de tes grandes idées. C’est là que tu vas sélectionner tes figurés. Il en existe trois familles principales, et il est crucial de les maîtriser. D’abord, les figurés ponctuels : ce sont des points pour localiser des villes, des ports, des gisements. Ensuite, les figurés linéaires : ce sont des flèches (pour les flux), des traits (pour les frontières), des axes. Enfin, les figurés de surface : les plages de couleur ou les hachures, qui couvrent une zone (un État, une région dynamique, une zone de conflit).
Le conseil le plus important ici : sois cohérent et logique dans tes choix. Si tu décides qu’une flèche épaisse représente un flux majeur, une flèche fine représentera un flux mineur. Si tu choisis le rouge pour les dynamiques, garde-le pour toutes les dynamiques. Ne change pas de code en cours de route ! Imagine que tu utilises un rouge vif pour montrer les "pôles majeurs de la puissance américaine" (comme la Mégalopolis). Ce même rouge vif ne doit pas être utilisé plus tard pour représenter une zone de pauvreté. Ton code couleur doit être intuitif. Souvent, on utilise des couleurs "chaudes" (rouge, orange) pour les phénomènes intenses, dynamiques ou conflictuels, et des couleurs "froides" (bleu, vert) pour les phénomènes plus apaisés ou les ressources. Mais ce n’est pas une règle absolue, l’essentiel est que ta logique soit claire pour toi, et donc pour le correcteur.
Étape 3 : Organiser ta légende : la mise en scène de ton raisonnement
C’est le cœur du sujet. Ta légende ne s’écrit pas dans l’ordre où les idées te viennent. Elle doit être organisée visuellement. Traditionnellement, on construit une légende du général au particulier, ou du structural au conjoncturel. Concrètement, cela signifie que tu vas présenter tes figurés dans un ordre logique qui suit tes parties.
Reprenons notre exemple sur l’Afrique. Ta première partie porte sur les fragilités. Dans la case "Légende" de ta feuille, tu vas d’abord écrire en MAJUSCULES ou en soulignant le titre de ta partie I : UN CONTINENT FRAGILISÉ PAR DES DÉFIS MULTIPLES. Juste en dessous, tu vas aligner tes figurés. Par exemple, une plage de couleur hachurée en orange pour "États en situation de crise ou de conflit (ex : Sahel)". À côté, un figuré ponctuel (un petit pictogramme de tornade par exemple) pour "Phénomènes climatiques extrêmes récurrents". Puis une flèche épaisse rouge allant d’Afrique vers l’extérieur pour "Flux de migrants économiques et politiques". Tu vois l’idée ? Tous les figurés de cette première partie sont regroupés ensemble.
Ensuite, tu passes à la ligne, et tu écris ton titre de partie II : MAIS UNE INTÉGRATION CROISSANTE DANS LA MONDIALISATION. Là, tu vas utiliser un NOUVEAU jeu de couleurs (par exemple du bleu et du vert) pour tes nouveaux figurés : une plage de vert pour "Pôles régionaux intégrés (Afrique du Sud, Nigeria…)", des flèches bleues doubles pour "Flux d’IDE entrants", des étoiles pour "Métropoles connectées aux réseaux mondiaux".
Cette organisation en blocs thématiques est fondamentale. Elle guide le correcteur dans ta pensée. Il comprend immédiatement que ta carte est structurée et que tu réponds au sujet de manière problématisée.
Étape 4 : Les petits plus qui font la différence
Premier "plus" : l’échelle. N’oublie jamais d’indiquer l’échelle de ta carte (graphique et/ou numérique). Deuxième "plus" : l’orientation (une flèche indiquant le Nord). Ce sont des éléments de base, mais leur absence se remarque.
