Méthodologie Bac

Exemples de dissertations HGGSP corrigées

Sujets corrigés avec plans détaillés et conseils

Bonjour à toi ! Je vois que tu t’intéresses à la méthodologie de la dissertation en HGGSP, et c’est une excellente initiative. C’est souvent l’exercice qui impressionne le plus, mais je te promets qu’avec une bonne compréhension de sa logique et des exemples concrets, tu vas non seulement apprivoiser la bête, mais même l’apprécier. Aujourd’hui, on va détailler ensemble des exemples de dissertations corrigées. Imagine que tu es en train de regarder par-dessus mon épaule pendant que je corrige des copies : on va analyser le bon, le moins bon, et surtout, comprendre pourquoi c’est bon. C’est parti pour un guide pas à pas, rassurant et ultra-pratique.

Première étape : comprendre ce qu\'on te demande vraiment

Avant même de parler de plan, il faut absolument décortiquer le sujet. Prenons un exemple classique du thème sur les frontières : "Les frontières sont-elles obsolètes dans un monde globalisé ?". Beaucoup d’élèves se précipitent et écrivent tout ce qu’ils savent sur la mondialisation. Erreur ! Il faut faire un travail de chirurgien sur les mots-clés. "Obsolètes" signifie dépassées, inutiles. "Monde globalisé" évoque les flux, l’interconnexion, mais aussi ses contestations. Dès lors, la question n’est pas "c’est quoi une frontière ?" mais bien "est-ce qu’elle sert encore à quelque chose, et si oui, à quoi ?". Un bon travail d’accroche et de définition en introduction posera déjà les bases d’une copie solide. Tu vas voir que c’est là que se joue une grande partie de la note.

Deuxième étape : construire un plan qui répond, vraiment

Le plan en trois parties (thèse, antithèse, synthèse/dépassement) est une boussole, pas une prison. Reprenons notre sujet. Une première partie évidente pourrait explorer l’idée que oui, les frontières semblent obsolètes : avec la libre circulation dans l’UE Schengen, la dématérialisation des échanges financiers, le cyberespace qui ignore les tracés territoriaux. Mais attention, une simple liste ne suffit pas. Il faut argumenter, et chaque argument doit s’appuyer sur des exemples précis. Par exemple, pour l’UE, tu peux parler du programme Erasmus comme espace de mobilité intellectuelle qui transcende les frontières.

Ensuite, la deuxième partie doit montrer la résistance, voire le renforcement des frontières. C’est là que tu peux parler du "retour des murs" (États-Unis/Mexique, Hongrie avec la Serbie), de la frontière comme protection sanitaire (crises du Covid-19), ou comme marqueur identitaire (la notion de "forteresse Europe"). Concrètement, cela signifie que la frontière n’est pas qu’une ligne, c’est un instrument politique qui s’adapte.

La troisième partie, la plus délicate, est celle où tu brilles vraiment. Il ne s’agit pas de faire un mélange des deux premières, mais de proposer une perspective nouvelle. Ici, on pourrait montrer que les frontières ne sont pas obsolètes, mais qu’elles changent de nature et de fonction. Elles deviennent plus flexibles, sélectives (filtrage des migrants qualifiés vs rejet des autres), délocalisées (les contrôles se font dans les aéroports des pays de départ). Tu peux mobiliser l’exemple des ZEE (Zones Économiques Exclusives) en mer : ce sont des frontières maritimes qui créent de nouveaux droits et conflits, comme en mer de Chine méridionale. Ce plan montre que tu as dépassé le simple débat binaire.

Troisième étape : l\'art de l\'argumentation et de l\'exemple

Une dissertation, ce n’est pas une récitation de cours. C’est un enchaînement logique d’idées, où chaque paragraphe avance ton raisonnement. Prenons un autre sujet, en géopolitique : "L\'ONU, une organisation efficace pour maintenir la paix ?". Dans une partie sur les limites, ne te contente pas d’écrire "l’ONU a des problèmes à cause du veto". Développe ! Explique comment le veto paralyse le Conseil de Sécurité face à des crises comme la guerre en Syrie, où les intérêts russe et américain s’affrontent. Puis, enchaîne avec un deuxième argument : le manque de moyens militaires propres, qui rend l’ONU dépendante des contributions des États membres, comme on l’a vu dans les difficultés des missions au Mali (MINUSMA). Chaque argument est comme une pierre qui construit un mur solide : il doit être posé, cimenté par un exemple, et relié à celui d’avant.

Un exemple complet de traitement de sujet : "Les démocraties sont-elles en crise ?"

Accroche : Partir d’un événement d’actualité, comme les attaques contre le Capitole aux États-Unis le 6 janvier 2021, qui a ébranlé l’image de la plus vieille démocratie moderne. Définitions : Bien définir "démocratie" (pas seulement des élections, mais État de droit, séparation des pouvoirs, pluralisme) et "crise" (moment de rupture, mais aussi possibilité de renouveau). Problématique : La crise actuelle est-elle le signe d’un déclin irrémédiable des démocraties, ou une mutation face à de nouveaux défis ? Plan détaillé : I. Les manifestations d’une crise multidimensionnelle des démocraties libérales (montée de l’abstention, défiance envers les élites, populisme, désinformation menaçant l’espace public). II. Cependant, cette "crise" peut être interprétée comme un regain d’exigence démocratique et une adaptation (mouvements sociaux comme #MeToo ou pour le climat qui utilisent les outils démocratiques, innovations comme les conventions citoyennes). III. Le défi n’est pas tant la survie de la démocratie que sa transformation dans un environnement numérique et globalisé (question de la régulation des GAFAM, de la souveraineté face aux puissances autoritaires). Ouverture : On pourrait se demander si le véritable danger ne vient pas moins d’une crise interne que de la concurrence de modèles politiques alternatifs, comme l’"autoritarisme efficace" vanté par certains.

Les erreurs à éviter absolument (vues dans de vraies copies)

Je vais être franc : une copie qui ne répond pas à la question posée, même bien écrite, ne dépassera pas la moyenne. Une autre erreur fréquente est le "hors-sujet gentil" : tu parles de choses intelligentes sur le thème, mais pas sur l’angle précis du sujet. Évite aussi les plans thématiques trop descriptifs ("I. Économique, II. Politique, III. Culturel") qui ne construisent pas de raisonnement. Enfin, ne néglige jamais la conclusion : c’est ta dernière impression. Elle doit résumer ta démonstration ET ouvrir sur un autre questionnement, montrant que ton esprit continue à réfléchir au-delà de la copie.

Mon dernier conseil, le plus important

La dissertation en HGGSP est avant tout un plaisir intellectuel. C’est le moment où tu prends les concepts que tu as étudiés (puissance, frontière, démocratie, guerre, etc.) et où tu les fais danser, tu les confronte, tu joues avec. Les correcteurs sentent tout de suite quand un élève "récite" et quand il "pense". Pour arriver à cela, il n’y a pas de secret : il faut s’entraîner. Pas forcément à rédiger des copies entières tout le temps (même si c’est indispensable parfois), mais à faire des plans détaillés sur des sujets variés. Prends un sujet, trouve ta problématique, bâtis ton plan en trois parties avec deux ou trois sous-parties chacune, et note juste les exemples clés que tu utiliserais. Fais-toi une banque d’exemples frais et personnels, tirés de l’actualité, de tes lectures, de nos cours.

Conseil pour le Bac

Entraîne-toi régulièrement avec les annales pour maîtriser cette méthodologie !

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