Le régime concordataire en Alsace-Moselle

55 min de lecture
standard

En 2023, près de 40 000 élèves alsaciens et mosellans suivaient un cours de religion à l'école publique, une situation impensable dans le reste de la France. Cette exception trouve son origine dans un texte vieux de plus de deux siècles : le Concordat de 1801, toujours en vigueur dans ces trois départements. L'Alsace-Moselle (départements du Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle) constitue une exception juridique unique en France concernant les relations entre l'État et les religions. Cette spécificité s'explique par l'histoire mouvementée de cette région, annexée par l'Empire allemand de 1871 à 1918, puis de 1940 à 1944. Lors du retour à la France, le droit local allemand a été maintenu dans plusieurs domaines, dont le régime des cultes. Ainsi, contrairement au reste du territoire français où la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État s'applique, l'Alsace-Moselle reste régie par le Concordat napoléonien de 1801 et les articles organiques de 1802. En quoi le régime concordataire en Alsace-Moselle constitue-t-il une exception durable dans le modèle français de laïcité, et quels en sont les principaux enjeux contemporains ?

1I. Les fondements historiques et juridiques du régime concordataire

Le régime spécifique de l'Alsace-Moselle plonge ses racines dans l'histoire nationale et les particularismes régionaux. Il repose sur un ensemble de textes juridiques datant du début du XIXe siècle, maintenus en vigueur après les périodes d'annexion allemande.

Points cles

  • A. Le Concordat de 1801 et les articles organiques : un héritage napoléonien
  • B. Le maintien du droit local après les annexions allemandes

2II. Les caractéristiques actuelles du régime concordataire : une exception organisée

Le régime concordataire se traduit aujourd'hui par des dispositions concrètes qui distinguent nettement l'Alsace-Moselle du reste du territoire national. Ces spécificités touchent au financement des cultes, à l'enseignement religieux et au statut du personnel cultuel.

Points cles

  • A. Le financement public des cultes et la rémunération des ministres du culte
  • B. L'enseignement religieux à l'école publique et le statut de la théologie

3III. Les débats et les enjeux contemporains de l'exception concordataire

Le maintien du régime concordataire, perçu comme un acquis par une majorité de la population locale, n'est pas exempt de critiques et soulève des questions fondamentales sur l'unité républicaine et l'évolution de la laïcité française.

Points cles

  • A. Un consensus local fragile face aux critiques nationales
  • B. L'enjeu de la reconnaissance de l'islam et l'adaptation du modèle

Synthese

Point clé 1 : Le régime concordataire en Alsace-Moselle est fondé sur le Concordat de 1801 et les articles organiques de 1802, maintenus en vigueur après les annexions allemandes de 1871-1918 et 1940-1944. Point clé 2 : Il reconnaît et finance quatre cultes (catholique, luthérien, réformé, israélite), et impose un enseignement religieux obligatoire à l'école publique, ce qui constitue une exception majeure à la loi de 1905. Point clé 3 : Environ 1 200 ministres du culte sont rémunérés par l'État et près de 40 000 élèves suivent un cours de religion dans le secondaire, illustrant la persistance de ce modèle. Point clé 4 : Ce régime bénéficie d'un large consensus local mais est régulièrement contesté au niveau national au nom de l'unité républicaine et de la laïcité. Point clé 5 : Le principal enjeu contemporain est l'intégration de l'islam, non reconnu, qui questionne l'adaptabilité du modèle concordataire à la diversité religieuse actuelle.

Mots-cles

Exception concordataireLaïcité de reconnaissance (vs laïcité de séparation)Particularisme alsacien-mosellan
EdTech AI