L'Iran et les équilibres régionaux
Le 8 mai 2018, le président américain Donald Trump annonce le retrait des États-Unis de l'accord nucléaire iranien (JCPOA), plongeant la région dans une nouvelle phase d'incertitude. Comment l'Iran, puissance régionale majeure, influence-t-il les équilibres géopolitiques du Moyen-Orient ? Depuis la Révolution islamique de 1979, l'Iran s'est érigé en puissance régionale contestataire, défiant l'ordre établi par les puissances occidentales et leurs alliés arabes, notamment l'Arabie saoudite. Sa stratégie repose sur un double pilier : le développement d'un programme nucléaire civil et militaire, et l'exportation de son modèle révolutionnaire chiite via un réseau d'alliés et de milices (l'« axe de la résistance »). Cette politique a profondément remodelé les dynamiques de conflit et de résolution dans une région marquée par des guerres par procuration, des interventions extérieures et une course aux armements. Dans quelle mesure l'Iran, à travers ses ambitions nucléaires, son idéologie révolutionnaire et sa rivalité avec l'Arabie saoudite, constitue-t-il un acteur central des conflits et des tentatives de résolution au Moyen-Orient ?
1I. L'arme nucléaire : un enjeu de puissance et de dissuasion au cœur des tensions
Le programme nucléaire iranien est l'enjeu géopolitique majeur qui a structuré les relations de Téhéran avec la communauté internationale depuis les années 2000, cristallisant les craintes et façonnant les mécanismes de résolution des crises.
Points cles
- A. Le JCPOA (2015) : un accord historique mais fragile pour la résolution pacifique
- B. L'effondrement de l'accord et la stratégie de « pression maximale » (2018-2023)
2II. Le chiisme politique : idéologie et réseaux d'influence au service d'une puissance régionale
Au-delà de l'atome, l'influence de l'Iran repose sur une doctrine idéologique, le « chiisme politique », et sur un réseau d'alliés et de proxies qui étendent son pouvoir de manière asymétrique dans toute la région.
Points cles
- A. La doctrine de la « révolution exportée » et l'« axe de la résistance »
- B. Le rôle des Gardes de la révolution (Sepah) et de la Force Qods
3III. La rivalité irano-saoudienne : une confrontation multiforme qui structure les conflits régionaux
La compétition entre l'Iran, puissance chiite révolutionnaire, et l'Arabie saoudite, monarchie sunnite conservatrice et alliée des États-Unis, constitue la fracture principale du Moyen-Orient contemporain, alimentant de multiples conflits par procuration.
Points cles
- A. Une rivalité historique et confessionnelle devenue géopolitique
- B. Les théâtres de conflit par procuration et les tentatives de dialogue
Synthese
Point clé 1 : Le programme nucléaire iranien, encadré puis libéré par l'effondrement du JCPOA en 2018, reste la principale source de tension avec l'Occident et un levier central de la puissance iranienne. Point clé 2 : L'influence régionale de l'Iran repose sur l'idéologie du chiisme politique et sur un réseau d'alliés (l'« axe de la résistance ») coordonné par les Gardes de la révolution, permettant une guerre par procuration à bas coût. Point clé 3 : La rivalité structurelle avec l'Arabie saoudite, à la fois confessionnelle et géopolitique, alimente des conflits par procuration au Yémen, en Syrie et en Irak, faisant des deux pays les pôles antagonistes de la région. Point clé 4 : Les stratégies de résolution ont évolué du multilatéralisme (JCPOA) à la confrontation unilatérale (« pression maximale »), avant de laisser place à des dialogues régionaux directs, médiatisés par de nouvelles puissances comme la Chine. Point clé 5 : L'Iran maîtrise l'art de l'équilibre entre escalade et diplomatie, utilisant ses violations nucléaires et ses actions de proxies comme des monnaies d'échange pour négocier sous la contrainte et affirmer son statut de puissance incontournable.
