Prolifération et TNP
Le 9 octobre 2006, la Corée du Nord procède à son premier essai nucléaire souterrain, défiant ouvertement la communauté internationale et le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Cet événement marque un tournant dans l'histoire de la prolifération et souligne les limites du régime international de contrôle. Signé en 1968 et entré en vigueur en 1970, le TNP constitue la pierre angulaire du régime international de non-prolifération nucléaire. Il repose sur un compromis historique entre les cinq puissances nucléaires reconnues (États-Unis, URSS/Russie, Royaume-Uni, France, Chine) et les États non dotés d'armes nucléaires. Le traité vise à empêcher la diffusion horizontale des armes nucléaires tout en promouvant le désarmement et les usages pacifiques de l'énergie nucléaire. Cependant, depuis la fin de la Guerre froide, le système est mis à l'épreuve par des États comme l'Iran et la Corée du Nord, qui cherchent à développer ou ont développé des capacités nucléaires militaires. Dans quelle mesure le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, conçu en 1968, parvient-il à contenir les dynamiques de prolifération nucléaire au XXIe siècle, face aux défis posés par des États comme l'Iran et la Corée du Nord ?
1I. Le TNP (1968) : architecture et compromis fondateur d'un régime international
Le TNP est né dans le contexte de la Guerre froide et de la crainte d'une multiplication incontrôlée des arsenaux nucléaires. Il structure les relations internationales autour du nucléaire selon trois piliers fondamentaux et un système de vérification.
Points cles
- A. Les trois piliers du traité : non-prolifération, désarmement, coopération pacifique
- B. Le système de garanties de l'AIEA et les Conférences d'examen quinquennales
2II. Les défis contemporains : les cas de l'Iran et de la Corée du Nord
Depuis la fin de la Guerre froide, le régime du TNP est confronté à des défis majeurs incarnés par deux trajectoires distinctes : celle de l'Iran, qui reste dans le traité mais développe des capacités sensibles, et celle de la Corée du Nord, qui l'a quitté pour se doter de l'arme nucléaire.
Points cles
- A. Le programme nucléaire iranien : entre droit au nucléaire civil et suspicions de prolifération
- B. La Corée du Nord : le cas du retrait et de l'acquisition d'un arsenal nucléaire opérationnel
3III. Les limites du régime et les perspectives d'évolution
Face à ces défis, le régime du TNP montre ses faiblesses structurelles. La recherche de solutions passe par le renforcement des mécanismes existants et l'émergence d'initiatives complémentaires, dans un contexte géopolitique marqué par de nouvelles rivalités.
Points cles
- A. Les faiblesses structurelles : retrait, double usage et course aux armements modernisés
- B. Les réponses : renforcement des contrôles, initiatives régionales et Traité d'interdiction (TPNW)
Synthese
Point clé 1 : Le TNP, entré en vigueur en 1970, structure le régime international de non-prolifération autour d'un compromis entre les 5 puissances nucléaires reconnues et les 186 États non dotés, avec 191 parties en 2023. Point clé 2 : L'AIEA, par son système de garanties et son Protocole additionnel de 1997, est l'organe clé de vérification, mais son action dépend de la coopération des États et de la déclaration de leurs installations. Point clé 3 : Le programme iranien, encadré puis mis en péril par le JCPOA de 2015, illustre la tension permanente entre le droit au nucléaire civil et les risques de prolifération latente. Point clé 4 : La Corée du Nord, qui s'est retirée du TNP en 2003, a construit un arsenal opérationnel estimé à 40 têtes nucléaires et a testé des ICBM, démontrant l'incapacité du régime à inverser une prolifération achevée. Point clé 5 : Les faiblesses du TNP (clause de retrait, désarmement bloqué) ont conduit à l'émergence d'initiatives complémentaires comme le TPNW de 2017, qui interdit totalement les armes nucléaires mais est rejeté par toutes les puissances nucléaires.
