Les ports français et le commerce maritime
En 2023, le port du Havre a traité 2,8 millions d'EVP (Équivalent Vingt Pieds), tandis que Marseille-Fos en traitait 1,6 million. Pourtant, Rotterdam, son principal concurrent nord-européen, en a manipulé près de 15 millions. Comment expliquer cette différence de performance ? La France possède le deuxième plus grand domaine maritime mondial avec 11 millions de km² grâce à ses territoires ultramarins. Historiquement, ses ports ont été des instruments de puissance, de la Compagnie des Indes au XIXe siècle à la conteneurisation dans les années 1970. Aujourd'hui, dans un contexte de mondialisation et de concurrence exacerbée entre hubs mondiaux, la compétitivité des ports français est un enjeu géoéconomique majeur pour l'économie nationale. Dans quelle mesure les ports français, en particulier Le Havre et Marseille, parviennent-ils à affirmer leur compétitivité dans le commerce maritime mondialisé, et quels sont les défis qu'ils doivent relever pour conserver leur rang ?
1I. Le Havre et Marseille : deux hubs majeurs aux fonctions et positions stratégiques distinctes
Le système portuaire français est structuré autour de deux grandes façades maritimes, façonnées par l'histoire et la géographie. Le Havre et Marseille en sont les pivots, mais leurs rôles et leurs dynamiques diffèrent fondamentalement.
Points cles
- A. Le Havre : la porte nord-européenne de la France face à la Northern Range
- B. Marseille-Fos : le grand port méditerranéen et sa spécialisation énergétique
2II. Les défis de la compétitivité : infrastructures, connexions et concurrence mondiale
La performance d'un port ne dépend pas seulement de ses quais. Elle repose sur un écosystème complexe d'infrastructures terrestres, de services logistiques et de stratégies face à une concurrence qui dépasse les frontières nationales.
Points cles
- A. La course aux infrastructures et la question cruciale de l'hinterland
- B. Une concurrence à plusieurs échelles : des hubs nord-européens aux nouveaux acteurs méditerranéens
3III. Les stratégies pour une puissance maritime renouvelée : alliances, spécialisation et durabilité
Face à ces défis, les acteurs portuaires français et l'État déploient des stratégies pour renforcer l'attractivité et la résilience du système portuaire national, en intégrant de nouvelles exigences comme la transition écologique.
Points cles
- A. Stratégies portuaires : alliances, spécialisation et politique de l'offre
- B. Les nouveaux impératifs : la transition écologique et la souveraineté logistique
Synthese
Point clé 1 : Le système portuaire français est bipolaire, articulé autour du Havre (hub conteneurisé face à la Northern Range) et de Marseille-Fos (spécialisé dans l'énergie et les vracs en Méditerranée). Point clé 2 : La compétitivité des ports français est entravée par des connexions terrestres sous-développées (faible part modale du ferroviaire et du fluvial) comparées à leurs concurrents directs comme Rotterdam ou Anvers. Point clé 3 : Ils font face à une concurrence multiscalaire intense, des hubs nord-européens historiques aux nouveaux géants méditerranéens comme Tanger Med, qui redistribuent les flux maritimes. Point clé 4 : Les stratégies de réponse combinent spécialisation, alliances entre ports (HAROPA), et investissements publics (plan France Mer 2030) pour améliorer l'offre logistique globale. Point clé 5 : Les enjeux de compétitivité intègrent désormais des impératifs de transition écologique et de souveraineté logistique, faisant des ports des infrastructures critiques pour la résilience nationale et européenne.
