Ressources océaniques : enjeux économiques
En 2022, le navire de forage Deepwater Horizon a extrait l'équivalent de 1,5 million de barils de pétrole par jour des fonds marins. Pourtant, cette exploitation massive s'accompagne de tensions géopolitiques croissantes, comme l'incident de 2019 où la Chine a déployé des navires de garde-côtes pour protéger ses plateformes en mer de Chine méridionale. Depuis la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS) de 1982, les océans sont juridiquement divisés en plusieurs zones : eaux territoriales (12 miles nautiques), zone économique exclusive (ZEE, 200 miles), et haute mer. Cette partition a créé un cadre pour l'exploitation des ressources, mais aussi des conflits frontaliers. La mondialisation et l'augmentation de la demande en ressources ont transformé les océans en nouveaux espaces de compétition économique directe entre États et entreprises multinationales. La découverte de gisements sous-marins et l'évolution technologique ont accéléré cette conquête depuis les années 1970. Dans quelle mesure l'exploitation économique des ressources océaniques constitue-t-elle un enjeu de puissance et génère-t-elle de nouvelles rivalités entre acteurs étatiques et privés ?
1I. La pêche : une ressource vitale et un enjeu de souveraineté conflictuel
La pêche représente la première exploitation biologique des océans, cruciale pour la sécurité alimentaire mondiale mais source de tensions économiques et politiques majeures. Son contrôle est un marqueur de puissance et de souveraineté pour les États côtiers.
Points cles
- A. Une activité économique mondiale aux impacts contrastés
- B. Les ZEE, théâtres d'affirmation de puissance et de conflits
2II. Les hydrocarbures off-shore : une conquête technologique à haut risque géopolitique
L'exploitation du pétrole et du gaz en mer représente environ 30% de la production mondiale d'hydrocarbures. Cette course vers les grands fonds, rendue possible par des avancées technologiques majeures, est un facteur clé de puissance énergétique mais génère des rivalités et des risques environnementaux considérables.
Points cles
- A. La course aux grands fonds et ses acteurs majeurs
- B. Conflits, risques et instrumentalisations politiques
3III. Les ressources du futur : nodules polymétalliques et biotechnologies, une nouvelle frontière compétitive
Au-delà des ressources traditionnelles, les océans recèlent des richesses potentielles qui suscitent une course technologique et juridique pour leur contrôle futur. Cette "ruée vers le fond" implique de nouveaux acteurs et pose des défis inédits en termes de gouvernance.
Points cles
- A. La ruée vers les nodules polymétalliques et terres rares
- B. Biotechnologies bleues et guerre des brevets : la conquête du vivant
Synthese
Point clé 1 : La pêche, première exploitation biologique, génère des conflits de souveraineté dans les ZEE, comme l'illustrent les tensions chroniques en mer de Chine méridionale où la Chine instrumentalise ses navires de pêche. Point clé 2 : L'exploitation des hydrocarbures offshore, qui fournit 30% de la production mondiale, est un enjeu de puissance énergétique majeur et une source de crises frontalières, comme le différend gazier entre Israël et le Liban. Point clé 3 : La course aux nodules polymétalliques et aux terres rares des fonds marins, pilotée par l'Autorité Internationale des Fonds Marins, prépare une nouvelle économie minière en haute mer, dominée par des États comme la Chine. Point clé 4 : Les biotechnologies bleues, exploitant le patrimoine génétique marin, déclenchent une guerre des brevets et posent la question cruciale du partage des bénéfices, au cœur des négociations du traité BBNJ. Point clé 5 : Dans tous les secteurs, l'exploitation des ressources océaniques oppose la logique de souveraineté nationale (dans les ZEE) à la gouvernance internationale (AIFM, ONU), tout en impliquant un trio d'acteurs : États, firmes multinationales et organisations scientifiques.
