Les philosophes de l'Antiquité face à la démocratie

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En 399 av. J.-C., la démocratie athénienne condamne Socrate à mort pour « corruption de la jeunesse » et « impiété ». Cet événement traumatise son disciple Platon et marque durablement la philosophie politique grecque. Paradoxalement, c'est dans la cité la plus démocratique du monde antique que naît une tradition philosophique largement hostile à la démocratie. Socrate, Platon et Aristote, tous trois athéniens ou résidents d'Athènes, développent des critiques radicales du régime démocratique. Leurs arguments continuent d'alimenter le débat politique contemporain. Pourquoi les philosophes de l'Antiquité sont-ils majoritairement critiques envers la démocratie athénienne ?

1I. Socrate et la question de la compétence politique

Socrate (470-399 av. J.-C.) ne laisse aucun écrit, mais ses idées nous sont connues par les dialogues de Platon et Xénophon. Sa critique de la démocratie repose sur l'analogie entre politique et technique.

Points cles

  • A. L'argument du pilote de navire
  • B. Le procès de Socrate : la démocratie contre la philosophie

2II. Platon : la démocratie comme régime injuste

Dans *La République*, Platon (428-348 av. J.-C.) propose une classification des régimes et une théorie du meilleur gouvernement fondée sur la justice et la connaissance du Bien.

Points cles

  • A. La classification des régimes et leur dégénérescence
  • B. La critique platonicienne de la liberté démocratique

3III. Aristote : une analyse nuancée des régimes politiques

Aristote (384-322 av. J.-C.), élève de Platon, propose dans *La Politique* une analyse plus empirique et nuancée des régimes. Il ne rejette pas totalement la démocratie.

Points cles

  • A. La classification aristotélicienne des régimes
  • B. Démocratie et démagogie

Synthese

Socrate critique l'incompétence politique du citoyen ordinaire (analogie du pilote) Son procès et sa mort alimentent la méfiance de Platon envers la démocratie Platon classe la démocratie comme avant-dernier régime, menant à la tyrannie Il propose le gouvernement des philosophes-rois, seuls capables de connaître le Bien Aristote distingue démocratie (forme déviée) et politeia (régime mixte idéal) Il reconnaît néanmoins une forme de sagesse collective au peuple assemblé

Mots-cles

Philosophe-roiDémagogiePoliteiaAristocratieTyrannieDoxa
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