Islam et politique

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Le 1er février 1979, l'ayatollah Khomeini retourne en Iran après 15 ans d'exil, déclenchant une révolution qui instaure la première république islamique moderne. Cet événement marque un tournant dans les relations entre islam et politique au XXe siècle. La relation entre islam et politique s'inscrit dans une histoire longue remontant aux origines de l'islam au VIIe siècle, où le prophète Mahomet exerçait à la fois une autorité religieuse et politique à Médine. Après la colonisation européenne au XIXe et XXe siècles, les États musulmans nouvellement indépendants ont dû définir leur rapport à la religion dans la construction nationale. La fin de la guerre froide et les échecs des nationalismes arabes ont créé un terreau fertile pour l'émergence de mouvements islamistes. Comment les relations entre islam et politique se sont-elles transformées depuis le XXe siècle, et quelles formes institutionnelles et idéologiques ces relations prennent-elles aujourd'hui dans différents contextes nationaux ?

1I. Les fondements historiques et doctrinaux de la relation islam-politique

La relation entre islam et politique trouve ses racines dans les textes fondateurs et l'histoire des premiers siècles de l'islam, créant des références qui seront réinterprétées aux XIXe et XXe siècles.

Points cles

  • A. Les sources scripturaires et la tradition prophétique
  • B. La réforme islamique et les premières idéologies politiques (XIXe-XXe siècles)

2II. L'émergence et la diversification des mouvements islamistes au XXe siècle

Le XXe siècle voit l'apparition d'organisations structurées cherchant à mettre en œuvre un projet politique islamique, avec des stratégies et des objectifs variés.

Points cles

  • A. Les Frères musulmans : modèle de l'islamisme politique organisé
  • B. Le wahhabisme saoudien et l'islamisme révolutionnaire chiite

3III. Les défis contemporains : entre instrumentalisation, violence et réformes

Au XXIe siècle, la relation islam-politique se complexifie avec l'émergence du jihadisme transnational, les demandes de réforme et la diversité des expériences nationales.

Points cles

  • A. Le jihadisme transnational et les États faillis
  • B. Les réformes et les modèles alternatifs de sécularisation

Synthese

Point clé 1 : La relation islam-politique plonge ses racines dans les sources scripturaires et la tradition prophétique, mais son interprétation a considérablement évolué, notamment face aux défis de la colonisation et de la modernité aux XIXe et XXe siècles. Point clé 2 : Les Frères musulmans, fondés en 1928, constituent le prototype de l'islamisme politique moderne, avec une stratégie de prise de pouvoir par la société civile et l'action sociale, ayant influencé des mouvements dans tout le monde sunnite. Point clé 3 : Deux modèles étatiques concurrents émergent au XXe siècle : le wahhabisme comme idéologie d'État en Arabie saoudite (sunnite) et la théorie du "velayat-e faqih" mise en œuvre par la révolution iranienne de 1979 (chiite). Point clé 4 : Le jihadisme transnational (Al-Qaïda, État islamique) représente une rupture radicale au XXIe siècle par son rejet de l'État-nation et son usage extrême de la violence, exploitant les zones de conflit et les États faillis. Point clé 5 : Des modèles alternatifs de sécularisation ou de réforme existent, comme le kémalisme en Turquie, le Pancasila en Indonésie, ou l'évolution d'Ennahdha en Tunisie vers une séparation des activités politiques et religieuses.

Mots-cles

Islam politiqueJihadismeSécularisation
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