Les modèles de relations États-religions

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En 2023, l'Iran a exécuté plus de 850 personnes, dont des manifestants accusés d'« inimitié contre Dieu ». Cet exemple extrême illustre comment la religion peut structurer l'État et son système juridique. À l'inverse, la France, avec sa loi de 1905, incarne un modèle de séparation radicale. Entre ces deux pôles, quels sont les modèles de relations entre États et religions dans le monde contemporain ? Historiquement, la relation entre le pouvoir politique et le pouvoir religieux a été centrale dans la formation des États. En Europe, la paix d'Augsbourg (1555) puis les traités de Westphalie (1648) ont progressivement établi le principe « cujus regio, ejus religio » (tel prince, telle religion), liant souveraineté territoriale et confession. La Révolution française et les Lumières ont ensuite introduit l'idée de sécularisation. Aujourd'hui, cette question reste un enjeu géopolitique majeur, notamment dans les pays où l'islam politique est influent ou dans des démocraties confrontées à la gestion du pluralisme religieux. Quels sont les principaux modèles de relations entre États et religions, et comment ces configurations influencent-elles l'exercice du pouvoir, les libertés individuelles et la cohésion sociale dans les sociétés contemporaines ?

1I. Les modèles de fusion ou de subordination du politique au religieux

Certains régimes établissent une confusion ou une subordination directe du pouvoir politique à l'autorité religieuse. Ces modèles, souvent anciens, persistent dans des configurations contemporaines spécifiques, où la loi divine prime sur la loi humaine.

Points cles

  • A. La théocratie : l'État gouverné par le religieux
  • B. La religion d'État : la reconnaissance officielle d'une confession

2II. Les modèles de séparation et de laïcité

À l'opposé des modèles fusionnels, d'autres États ont construit une séparation plus ou moins stricte entre la sphère politique et la sphère religieuse, visant à garantir la neutralité de l'État et la liberté de conscience.

Points cles

  • A. Le modèle de laïcité « à la française » : une séparation stricte
  • B. Le sécularisme anglo-saxon et le « mur de séparation »

3III. Les modèles de coopération et de reconnaissance du pluralisme

Entre la fusion et la séparation, existe une large gamme de modèles où l'État entretient des relations de coopération officielle avec une ou plusieurs religions, tout en cherchant à gérer la diversité confessionnelle.

Points cles

  • A. Les systèmes de concordat ou de reconnaissance officielle
  • B. La gestion étatique du religieux et le contrôle des cultes

Synthese

Point clé 1 : Le spectre des modèles va de la théocratie pure (Iran, Vatican) à la séparation stricte (France), en passant par des systèmes de religion d'État (Royaume-Uni, Grèce) ou de reconnaissance concordataire (Allemagne, Italie). Point clé 2 : La laïcité française, fondée sur la loi de 1905, prône une neutralité absolue de l'État et de l'espace public scolaire, tandis que le sécularisme américain protège avant tout le libre exercice des cultes contre l'ingérence étatique. Point clé 3 : Dans les modèles de coopération (Allemagne), l'État perçoit même un impôt cultuel et finance en partie les activités sociales des Églises reconnues, créant un partenariat institutionnel. Point clé 4 : Les régimes autoritaires (Chine, Turquie) développent un modèle de contrôle étatique strict des organisations religieuses, les instrumentalisant ou les réprimant pour consolider leur pouvoir et une identité nationale homogène. Point clé 5 : Le choix d'un modèle dépend de l'histoire nationale (guerres de religion en Europe, révolution en France, pluralisme fondateur aux États-Unis) et reste un enjeu politique brûlant face à la montée du pluralisme religieux et des intégrismes.

Mots-cles

LaïcitéSécularisationPluralisme religieux
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