La dissuasion nucléaire

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Le 6 août 1945, la ville d'Hiroshima est anéantie par une seule bombe atomique américaine. Cet événement marque l'entrée dans l'ère nucléaire et transforme radicalement la nature de la guerre et des relations internationales. Comment une arme de destruction massive est-elle devenue un instrument de paix ? La fin de la Seconde Guerre mondiale voit l'émergence de deux superpuissances, les États-Unis et l'URSS, qui entrent rapidement dans une confrontation idéologique et stratégique : la Guerre froide. Dès 1949, l'URSS acquiert l'arme atomique, mettant fin au monopole américain et inaugurant une course aux armements sans précédent. Dans ce contexte bipolaire, la possession de l'arme nucléaire n'est plus seulement une question de puissance militaire, mais devient le fondement d'une stratégie visant à empêcher toute guerre directe entre les grandes puissances. La doctrine de la dissuasion nucléaire se construit ainsi sur la paradoxale idée que la possession d'armes terrifiantes peut garantir la stabilité et la paix. En quoi la dissuasion nucléaire, fondée sur la menace de destruction mutuelle, constitue-t-elle une forme spécifique de régulation des conflits internationaux et quels sont ses principes, ses acteurs et ses limites dans le monde contemporain ?

1I. Les fondements théoriques et historiques de la dissuasion nucléaire

La dissuasion nucléaire repose sur des principes stratégiques élaborés pendant la Guerre froide. Elle ne vise pas à gagner une guerre, mais à l'empêcher en rendant son coût inacceptable pour l'adversaire. Cette logique a profondément modifié les relations internationales.

Points cles

  • A. La naissance de l'équilibre de la terreur et la doctrine MAD
  • B. Les différentes doctrines nationales : les cas des États-Unis, de l'URSS/Russie et du Royaume-Uni

2II. Le modèle français de dissuasion nucléaire : souveraineté et adaptation

La France constitue un cas d'étude unique de puissance nucléaire moyenne ayant développé une doctrine autonome et cohérente. Sa force de frappe, créée sous l'impulsion du général de Gaulle, est un pilier fondamental de sa souveraineté et de sa stratégie de défense.

Points cles

  • A. La genèse gaullienne : l'arme de l'indépendance nationale
  • B. L'évolution post-Guerre froide : élargissement des intérêts vitaux et modernisation

3III. Les défis contemporains de la dissuasion : prolifération, nouveaux acteurs et contestation

Au XXIe siècle, le paysage stratégique de la dissuasion est bouleversé par l'émergence de nouvelles puissances nucléaires, le développement de technologies déstabilisatrices et la persistance de mouvements contestataires.

Points cles

  • A. La prolifération horizontale : le cas de l'Inde, du Pakistan et de la Corée du Nord
  • B. Les limites et les contestations de la dissuasion nucléaire

Synthese

Point clé 1 : La dissuasion nucléaire, théorisée pendant la Guerre froide avec la doctrine MAD, repose sur la menace de destruction mutuelle pour empêcher tout conflit direct entre puissances majeures. Point clé 2 : La France a développé une doctrine autonome de dissuasion du « faible au fort », d'abord centrée sur la protection du sanctuaire national, puis élargie à la défense de ses intérêts vitaux après la Guerre froide. Point clé 3 : La prolifération nucléaire à des acteurs comme l'Inde, le Pakistan et surtout la Corée du Nord introduit de nouvelles instabilités régionales et remet en cause les logiques classiques de dissuasion rationnelle. Point clé 4 : Les nouvelles technologies (armes hypersoniques, cyber) et l'émergence d'acteurs non-étatiques (terrorisme) représentent des défis majeurs pour l'efficacité et la stabilité des régimes de dissuasion existants. Point clé 5 : La dissuasion nucléaire fait l'objet d'une contestation croissante sur le plan normatif, symbolisée par le Traité d'interdiction des armes nucléaires (TIAN) de 2017, rejeté par toutes les puissances nucléaires.

Mots-cles

Dissuasion nucléaireForce de frappeProlifération
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