De la SDN à l'ONU

55 min de lecture
standard

Le 7 décembre 1939, la Société des Nations (SDN) exclut l'Union soviétique pour son agression contre la Finlande, mais cette sanction reste sans effet. Quinze ans plus tard, en 1956, l'ONU parvient à déployer une force d'urgence pour stopper la crise de Suez. Comment expliquer ce contraste dans l'efficacité des organisations internationales ? La Première Guerre mondiale (1914-1918), avec ses 10 millions de morts militaires et ses destructions massives, provoque un profond désir de paix durable. Le président américain Woodrow Wilson, dans ses « Quatorze Points » de janvier 1918, promeut l'idée d'une « association générale des nations ». Ce projet aboutit à la création de la Société des Nations (SDN) en 1919, intégrée au Traité de Versailles. Son échec face aux agressions des années 1930 et le traumatisme de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), conflit encore plus meurtrier, conduisent les Alliés victorieux à fonder l'Organisation des Nations Unies (ONU) en 1945 à San Francisco, avec l'ambition de corriger les faiblesses de son prédécesseur. Dans quelle mesure le passage de la SDN à l'ONU, entre 1919 et 1945, représente-t-il une évolution significative des mécanismes de sécurité collective et du multilatéralisme pour préserver la paix internationale ?

1I. La SDN (1919-1946) : une première expérience ambitieuse mais structurellement fragile

Née des cendres de la Grande Guerre, la Société des Nations incarne la première tentative d'instaurer un système permanent de sécurité collective. Son architecture institutionnelle et ses principes fondateurs, cependant, contenaient des faiblesses congénitales qui ont limité son action face aux crises des années 1930.

Points cles

  • A. Une création wilsonienne aux ambitions pacifistes
  • B. Des faiblesses structurelles et l'échec face aux agressions des années 1930

2II. L'ONU (1945) : une refondation pour un multilatéralisme plus robuste et universel

Conscients des échecs de la SDN, les Alliés, dès 1941, envisagent une nouvelle organisation. L'ONU, née de la Charte signée à San Francisco le 26 juin 1945, se veut plus réaliste, dotée d'une structure renforcée et d'une légitimité élargie pour maintenir la paix et la sécurité internationales.

Points cles

  • A. Une architecture institutionnelle renforcée et hiérarchisée
  • B. Des mécanismes de sécurité collective étoffés et contraignants

3III. Continuités, ruptures et défis persistants du multilatéralisme

Si l'ONU représente une nette amélioration par rapport à la SDN, elle hérite aussi de dilemmes similaires et doit faire face à de nouveaux défis. Son histoire est marquée par des succès, des échecs et des adaptations continues.

Points cles

  • A. Des principes communs mais une application transformée
  • B. Les défis permanents : efficacité, légitimité et adaptation

Synthese

Point clé 1 : La SDN (1919), première organisation de sécurité collective, a échoué face aux agressions des années 1930 en raison de l'absence des États-Unis, de l'unanimité requise pour les décisions et de mécanismes de sanction inefficaces. Point clé 2 : L'ONU (1945) a été conçue pour corriger ces faiblesses en instituant un Conseil de sécurité puissant avec droit de veto pour les 5 grandes puissances victorieuses, et des mécanismes coercitifs prévus au Chapitre VII de sa Charte. Point clé 3 : L'architecture de l'ONU est plus complexe et hiérarchisée que celle de la SDN, avec un Secrétariat permanent, une Cour internationale de Justice et un système d'agences spécialisées pour traiter des causes profondes des conflits. Point clé 4 : L'universalisation de l'ONU, avec l'adhésion des États issus de la décolonisation, lui a conféré une légitimité bien supérieure à celle de la SDN, restée un club euro-centré. Point clé 5 : Malgré des avancées significatives, l'ONU reste confrontée à des défis persistants liés aux rivalités entre grandes puissances (veto), à la difficulté de réformer ses institutions et à l'adaptation aux nouvelles menaces transnationales.

Mots-cles

Sécurité collectiveMultilatéralismeDroit de veto
EdTech AI