La guerre civile syrienne

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En mars 2011, l'arrestation et la torture de quinze adolescents à Deraa pour avoir tagué des slogans anti-gouvernementaux déclenchent des manifestations massives. En une décennie, ce qui était un mouvement de protestation pacifique se transforme en l'un des conflits les plus complexes et destructeurs du XXIe siècle, faisant plus de 500 000 morts et déplaçant plus de 13 millions de personnes. La Syrie, dirigée depuis 1970 par la famille Assad (Hafez puis Bachar), est un État autoritaire dominé par la minorité alaouite (environ 12% de la population) sur une majorité sunnite. Le régime, allié historique de l'Iran et de la Russie, est un acteur clé de la géopolitique régionale, notamment par son soutien au Hezbollah libanais. Le Printemps arabe de 2011 arrive dans un contexte de sécheresse sévère (2006-2010) ayant déstabilisé les campagnes, de corruption endémique et de répression politique. La chute des régimes en Tunisie et en Égypte donne un élan aux opposants syriens. Comment la guerre civile syrienne, née d'une contestation interne en 2011, s'est-elle transformée en un conflit internationalisé aux multiples acteurs, et quelles sont les tentatives de résolution qui ont échoué ou peinent à aboutir ?

1I. De la révolte populaire à la guerre civile complexe (2011-2014)

La première phase du conflit voit la transformation rapide d'une révolte pacifique en une guerre civile où se multiplient les acteurs armés, avant l'émergence d'un acteur non-étatique majeur : Daech.

Points cles

  • A. L'écrasement de la révolte et la militarisation de l'opposition
  • B. L'émergence et l'expansion territoriale de Daech

2II. L'internationalisation du conflit et la guerre par procuration

Le conflit syrien dépasse rapidement les frontières nationales pour devenir une arène où s'affrontent par groupes interposés les intérêts stratégiques et les rivalités de puissances régionales et internationales.

Points cles

  • A. Le soutien décisif de l'Iran et de la Russie au régime Assad
  • B. L'opposition fragmentée et les interventions régionales divergentes

3III. Une sortie de guerre impossible ? Enjeux humanitaires et processus de paix au point mort

Alors que le régime a militairement regagné le contrôle de la majeure partie du territoire, le conflit entre dans une phase de basse intensité. La reconstruction et la paix politique restent bloquées par des enjeux humanitaires colossaux et l'impasse des négociations.

Points cles

  • A. Une catastrophe humanitaire durable et la question des réfugiés
  • B. L'impasse des processus de paix et la normalisation du régime Assad

Synthese

Point clé 1 : Le conflit est passé d'une révolte populaire en 2011 à une guerre civile internationalisée, avec l'émergence de Daech comme acteur non-étatique majeur entre 2014 et 2017. Point clé 2 : L'intervention militaire directe de la Russie en septembre 2015 a été le tournant décisif qui a permis la survie du régime Assad et sa reconquête militaire progressive. Point clé 3 : Le conflit est une guerre par procuration où s'affrontent l'Iran (soutenant le régime) et l'Arabie Saoudite/Turquie (soutenant des factions de l'opposition), sur fond de rivalité historique entre sunnites et chiites. Point clé 4 : La crise humanitaire est d'une ampleur historique avec plus de 13 millions de déplacés (internes et réfugiés) et une économie ruinée, l'aide étant instrumentalisée par le régime. Point clé 5 : Les processus de paix (Genève, Astana) sont dans l'impasse en raison du refus du régime et de ses alliés d'une transition politique réelle, conduisant à une normalisation de fait d'Assad malgré les crimes commis.

Mots-cles

Printemps arabeInternationalisation d'un conflitImpasse diplomatique
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