La guerre au Yémen

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Depuis 2015, le Yémen est le théâtre de la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU. Plus de 377 000 morts, dont 70% d'enfants de moins de 5 ans, et 24 millions de personnes dépendant de l'aide humanitaire pour survivre. Comment un conflit local a-t-il pu dégénérer en une guerre régionale aux conséquences aussi catastrophiques ? Le conflit yéménite trouve ses racines dans les fragilités structurelles de l'État post-unification de 1990 et la révolution de 2011 qui a renversé le président Ali Abdallah Saleh après 33 ans de pouvoir. La transition politique chaotique a permis aux Houthis, mouvement zaïdite (branche du chiisme) du nord du Yémen, de s'emparer de la capitale Sanaa en septembre 2014, puis de progresser vers le sud en 2015. Le président Abd Rabbo Mansour Hadi, réfugié à Aden puis en Arabie saoudite, a appelé à l'intervention d'une coalition arabe menée par Riyad. Dans quelle mesure la guerre au Yémen constitue-t-elle à la fois un conflit civil aux racines locales complexes ET une guerre par procuration (proxy war) reflétant les rivalités régionales, tout en posant des défis majeurs en termes de résolution et de gestion humanitaire ?

1I. Un conflit civil aux racines historiques et sociales profondes

La guerre au Yémen ne peut se comprendre sans analyser les fractures internes qui structurent la société yéménite depuis des décennies. Ces divisions sont à la fois politiques, religieuses, tribales et socio-économiques.

Points cles

  • A. Les fractures structurelles de l'État yéménite
  • B. La montée en puissance du mouvement houthiste

2II. Une guerre par procuration et un théâtre des rivalités régionales

Le conflit yéménite a rapidement dépassé le cadre national pour devenir l'un des principaux terrains d'affrontement de la rivalité régionale entre l'Arabie saoudite et l'Iran, impliquant de multiples acteurs internationaux.

Points cles

  • A. La coalition menée par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis
  • B. Le rôle de l'Iran et la dimension régionale

3III. Une crise humanitaire sans précédent et des tentatives de résolution au point mort

La guerre a plongé le Yémen dans une catastrophe humanitaire d'une ampleur historique, tandis que les processus de paix peinent à aboutir, en raison de la fragmentation des acteurs et des intérêts contradictoires.

Points cles

  • A. La catastrophe humanitaire : guerre, famine et maladie
  • B. Des négociations de paix fragiles et une impasse politique

Synthese

Point clé 1 : La guerre au Yémen, débutée en 2015, est d'abord un conflit civil né des failles de l'État post-unification et de la marginalisation politique et économique de la communauté zaïdite du Nord, exploitée par le mouvement houthiste. Point clé 2 : Le conflit s'est internationalisé en une guerre par procuration entre l'Arabie saoudite (soutenue par une coalition arabe et les Occidentaux) et l'Iran, faisant du Yémen un théâtre de leur rivalité régionale pour l'hégémonie. Point clé 3 : La coalition saoudienne a mené une campagne aérienne massive et un blocus ayant causé d'immenses pertes civiles, tandis que les Houthis, soutenus par l'Iran, ont développé une capacité de frappe par drones et missiles sur le territoire saoudien. Point clé 4 : Le conflit a généré la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU, avec plus de 377 000 morts, une famine touchant des millions de personnes, et l'effondrement des systèmes de santé et économiques. Point clé 5 : Les processus de paix, menés par l'ONU, peinent à aboutir en raison de la fragmentation des acteurs locaux (Houthis, gouvernement Hadi, sécessionnistes du Sud) et de la persistance des rivalités régionales, malgré un cessez-le-feu de fait et des négociations directes entre Riyad et les Houthis.

Mots-cles

Guerre hybrideÉtat failli (Failed state)Complexe d'insécurité régionale
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