Tensions en mer de Chine méridionale

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En 2016, la Cour permanente d'arbitrage de La Haye rend un verdict historique : la Chine n'a aucun 'droit historique' sur la majeure partie de la mer de Chine méridionale. Pourtant, Pékin rejette cette décision et poursuit la militarisation des îles artificielles. Comment expliquer cette contradiction entre droit international et stratégie de puissance ? La mer de Chine méridionale, d'une superficie de 3,5 millions de km², constitue l'une des voies maritimes les plus stratégiques au monde, avec plus de 30% du commerce maritime mondial qui y transite. Cette mer semi-fermée est bordée par six États riverains (Chine, Taïwan, Philippines, Vietnam, Malaisie, Brunei) et revendiquée presque en totalité par la Chine via sa 'ligne des neuf traits' tracée en 1947. La région recèle d'importantes ressources halieutiques et des réserves potentielles d'hydrocarbures estimées à 11 milliards de barils de pétrole et 190 billions de pieds cubes de gaz naturel. Dans quelle mesure les tensions en mer de Chine méridionale illustrent-elles la transformation de cet espace maritime en un théâtre de confrontation géopolitique majeur, où s'affrontent revendications historiques, enjeux économiques et stratégies de puissance, notamment dans le cadre des nouvelles routes de la soie maritimes chinoises ?

1I. Un espace maritime aux enjeux stratégiques multidimensionnels

La mer de Chine méridionale concentre des intérêts vitaux pour les États riverains et les puissances extérieures, faisant de cette zone un point névralgique de la géopolitique mondiale contemporaine.

Points cles

  • A. Des enjeux économiques et énergétiques considérables
  • B. Un espace militarisé et hautement stratégique

2II. Les revendications territoriales et la ligne des neuf traits : un contentieux historique

Les tensions actuelles plongent leurs racines dans des revendications historiques concurrentes et dans l'application contestée du droit international de la mer.

Points cles

  • A. La ligne des neuf traits : fondement des revendications chinoises
  • B. L'arbitrage de 2016 et ses implications limitées

3III. La mer de Chine méridionale dans la stratégie des Nouvelles Routes de la Soie

Le contrôle de la mer de Chine méridionale s'inscrit dans la vision stratégique plus large de la Chine, articulée autour de l'initiative 'Ceinture et Route' (Belt and Road Initiative - BRI) lancée en 2013.

Points cles

  • A. Un maillon essentiel des routes maritimes de la soie
  • B. Réactions régionales et implications géopolitiques

Synthese

Point clé 1 : La mer de Chine méridionale concentre des enjeux économiques vitaux avec 30% du commerce maritime mondial et d'importantes ressources énergétiques estimées à 11 milliards de barils de pétrole. Point clé 2 : La Chine revendique 90% de cette mer via la 'ligne des neuf traits' de 1947, une revendication jugée sans fondement en droit international par la Cour d'arbitrage de La Haye en 2016. Point clé 3 : Depuis 2013, Pékin a construit plus de 1 295 hectares d'îles artificielles militarisées, établissant des bases avancées capables de projeter sa puissance jusqu'à 1 000 km de ses côtes. Point clé 4 : Le contrôle de cette mer est essentiel pour la sécurité des 'Routes de la Soie Maritimes' chinoises, permettant de sécuriser les voies d'approvisionnement énergétique et de créer une zone de déni d'accès aux marines adverses. Point clé 5 : Les États-Unis répondent par des opérations de liberté de navigation (FONOPs) tandis que l'ASEAN reste divisée, transformant la région en un théâtre majeur de la compétition sino-américaine.

Mots-cles

Zone Économique Exclusive (ZEE)Géopolitique des détroitsDroit de la mer versus Realpolitik
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