La nouvelle route de la soie maritime
En 2017, le port de Hambourg, l'un des plus importants d'Europe, a vu arriver le premier train de marchandises direct depuis la Chine via la nouvelle route terrestre. Cette arrivée symbolise la renaissance d'un réseau millénaire, mais sous une forme radicalement nouvelle et à une échelle sans précédent. Comment la Chine transforme-t-elle les mers et océans en vecteurs de sa puissance économique et géopolitique ? Annoncé officiellement par le président Xi Jinping en septembre 2013 lors d'un discours à l'Université Nazarbaïev au Kazakhstan, le projet 'Belt and Road Initiative' (BRI), ou 'Nouvelles Routes de la Soie', est une stratégie de développement et de connectivité mondiale. Il comprend deux branches principales : la 'Ceinture Économique de la Route de la Soie' (terrestre) et la 'Route de la Soie Maritime du XXIe siècle'. Cette dernière vise à recréer et moderniser les anciennes routes maritimes de commerce qui reliaient la Chine à l'Afrique et à l'Europe, en les dotant d'infrastructures portuaires modernes et en sécurisant les voies maritimes. Le projet s'inscrit dans le contexte de la montée en puissance de la Chine comme première puissance commerciale mondiale, avec un besoin vital d'assurer ses approvisionnements énergétiques (pétrole du Golfe) et ses débouchés pour ses produits manufacturés. Dans quelle mesure la nouvelle route de la soie maritime, pilier majeur de la Belt and Road Initiative chinoise, constitue-t-elle un instrument de projection de puissance économique et d'influence géopolitique à l'échelle mondiale, tout en suscitant des résistances et des rivalités stratégiques ?
1I. Les fondements et les objectifs de la route de la soie maritime
La route de la soie maritime n'est pas un simple projet d'infrastructures, mais une stratégie globale visant à répondre à des impératifs économiques vitaux pour la Chine et à projeter son modèle de développement.
Points cles
- A. Une réponse aux besoins économiques et logistiques de la Chine
- B. Un instrument de projection de puissance et d'influence (soft power)
2II. La matérialisation du projet : infrastructures, acteurs et géographie
La route de la soie maritime se concrétise par un maillage d'infrastructures portuaires, logistiques et numériques le long d'un axe principal et de ramifications secondaires, impliquant une pluralité d'acteurs chinois.
Points cles
- A. L'axe principal et les 'perles' du collier stratégique
- B. Les acteurs et les modalités de financement
3III. Enjeux, limites et rivalités géopolitiques suscitées
L'expansion maritime chinoise, bien que présentée comme un projet gagnant-gagnant, rencontre des résistances croissantes, alimente des rivalités stratégiques et révèle des vulnérabilités.
Points cles
- A. Les résistances et le 'piège de la dette'
- B. La montée des rivalités stratégiques, notamment avec les États-Unis et l'Inde
Synthese
Point clé 1 : La route de la soie maritime, annoncée en 2013, est la composante océanique de la Belt and Road Initiative, visant à sécuriser les voies commerciales vitales pour l'économie chinoise et à créer de nouveaux débouchés. Point clé 2 : Elle se matérialise par un investissement massif dans des ports stratégiques formant un 'collier de perles' de la mer de Chine à la Méditerranée, comme Gwadar (Pakistan) ou Hambantota (Sri Lanka). Point clé 3 : Pilotée par l'État et les entreprises d'État chinoises, elle fonctionne sur un modèle de prêts souvent critiqué pour créer un 'piège de la dette' et une dépendance stratégique des pays hôtes. Point clé 4 : Le projet est un instrument de soft power et de projection de puissance militaire, comme en témoigne la première base chinoise à l'étranger à Djibouti ouverte en 2017. Point clé 5 : Il suscite de vives rivalités géopolitiques, notamment avec les États-Unis (stratégie Indo-Pacifique) et l'Inde, qui perçoivent cette expansion comme une menace pour leur influence et la stabilité régionale.
