La ZEE française : 2e mondiale

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Avec une superficie de 10,9 millions de km², la Zone Économique Exclusive (ZEE) française est la deuxième plus vaste au monde, derrière celle des États-Unis. Cette réalité géographique, souvent méconnue, place paradoxalement la France, puissance continentale européenne, au rang de géant maritime mondial. Comment ce paradoxe s'explique-t-il et quels enjeux stratégiques et économiques découlent de cette immense étendue maritime ? La notion de ZEE a été codifiée par la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (CNUDM), signée à Montego Bay en 1982 et entrée en vigueur en 1994. Cette convention, ratifiée par la France en 1996, a permis aux États côtiers d'étendre leur souveraineté économique jusqu'à 200 milles nautiques (environ 370 km) de leurs côtes. La France, grâce à son héritage colonial et à sa présence dans tous les océans via ses territoires d'outre-mer, a pu revendiquer des espaces maritimes considérables, notamment dans le Pacifique et l'océan Indien. Cette extension a été le fruit d'un travail diplomatique et scientifique intense, notamment mené par le SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine) pour délimiter précisément les plateaux continentaux. Dans quelle mesure l'immensité de la ZEE française, principalement héritée de son outre-mer, constitue-t-elle un atout géostratégique majeur et un défi de souveraineté pour la France au XXIe siècle ?

1I. Les fondements géographiques et juridiques de la deuxième ZEE mondiale

La ZEE française ne doit pas sa taille à son territoire métropolitain, dont la ZEE est relativement modeste (environ 340 000 km²), mais à sa présence ultramarine dispersée. Cette dispersion est le résultat de l'histoire coloniale et de découvertes scientifiques, et sa pérennité repose sur un cadre juridique international précis.

Points cles

  • A. Un héritage colonial et une géographie ultramarine dispersée
  • B. Le cadre juridique : la Convention de Montego Bay et ses applications

2II. Les enjeux économiques et environnementaux de cette puissance maritime

Cette immense ZEE représente à la fois un formidable potentiel économique et une responsabilité environnementale écrasante. La France doit concilier exploitation des ressources et préservation de la biodiversité dans des écosystèmes souvent fragiles et mal connus.

Points cles

  • A. Un potentiel économique considérable mais sous-exploité
  • B. La France, gardienne d'une biodiversité marine exceptionnelle

3III. Les défis de souveraineté et de gouvernance

La possession d'une ZEE aussi vaste et dispersée n'est pas sans défis. Elle implique des responsabilités de surveillance, de protection et de mise en valeur qui pèsent sur les capacités de l'État, tout en générant des tensions géopolitiques avec certains voisins.

Points cles

  • A. Un défi logistique et militaire : la surveillance des espaces maritimes
  • B. Des contentieux et des rivalités géopolitiques persistantes

Synthese

Point clé 1 : La ZEE française de 10,9 millions de km², la 2e mondiale, est à 97% issue des territoires d'outre-mer, en particulier la Polynésie française (4,8 M km²) et la Nouvelle-Calédonie (1,4 M km²). Point clé 2 : Son existence et sa délimitation reposent sur le droit international de la mer, notamment la Convention de Montego Bay de 1982, ratifiée par la France en 1996. Point clé 3 : Cette ZEE représente un potentiel économique majeur (ressources halieutiques, minières des grands fonds, énergies marines) mais encore largement sous-exploité en raison des coûts et des distances. Point clé 4 : Elle confère à la France une responsabilité écologique mondiale, avec près de 10% des récifs coralliens de la planète, protégés par un réseau d'aires marines protégées comme le Parc naturel de la mer de Corail. Point clé 5 : La souveraineté sur cette ZEE est un défi permanent de surveillance (Marine nationale, satellites) et de diplomatie, face à des contentieux (Tromelin, îles Éparses) et à la concurrence géopolitique, notamment chinoise dans le Pacifique.

Mots-cles

Puissance bleueSouveraineté maritimeGouvernance des océans
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