Le terrorisme international est un thème central du programme de spécialité HGGSP en Terminale, notamment dans l'axe sur « La multiplication des acteurs internationaux » ou dans les études de cas sur les conflits. Face à l'actualité, il est facile de se sentir submergé par les informations. Mais pour le bac, il ne s'agit pas de tout savoir, il s'agit de comprendre les mécanismes, les acteurs et les enjeux. Cet article te donne les clés pour maîtriser le sujet, avec des exemples précis et des pistes de réflexion.
Qu'est-ce que le terrorisme ? Une définition complexe
Définir le terrorisme est un exercice délicat, car la notion est à la fois juridique, politique et subjective. Aucune définition universellement acceptée n'existe, ce qui est en soi un enjeu géopolitique. L'ONU, par exemple, n'a jamais abouti à une convention globale contre le terrorisme, faute d'accord sur sa définition.
On peut néanmoins dégager des caractéristiques communes : le terrorisme est l'usage de la violence ou de la menace de violence contre des civils ou des non-combattants, dans le but de provoquer la terreur, de déstabiliser un État ou d'influencer un gouvernement. Il se distingue de la guérilla, qui vise des cibles militaires, et de l'action d'un État (terrorisme d'État).
Un point clé pour HGGSP : le terrorisme est une stratégie de communication. Comme le disait l'historien français François Géré, le terrorisme vise à « frapper pour impressionner ». L'objectif n'est pas seulement de tuer, mais de créer un choc psychologique qui dépasse largement le nombre de victimes. D'où l'importance des médias et des réseaux sociaux, qui amplifient la menace terroriste.
La notion de menace terroriste
La menace terroriste est perçue comme un danger majeur pour les États et les sociétés. Elle est souvent qualifiée de « asymétrique », car elle oppose un acteur faible en apparence (un groupe terroriste) à un État puissant. Cette asymétrie oblige les États à repenser leur sécurité, en intégrant la dimension préventive et la coopération internationale.
Il est essentiel de distinguer le terrorisme intérieur (comme l'ETA en Espagne ou l'IRA en Irlande du Nord) du terrorisme international, qui implique des acteurs transnationaux et des réseaux mondialisés. Cette distinction est fondamentale pour analyser les réponses politiques.
Les grandes vagues du terrorisme : repères historiques
Le terrorisme n'est pas un phénomène nouveau. L'historien David C. Rapoport a identifié quatre « vagues » de terrorisme moderne, une grille de lecture utile pour le bac :
- La vague anarchiste (fin XIXe - début XXe) : attentats contre des chefs d'État, notamment en Europe et en Russie. L'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand en 1914 en est un exemple tragique, bien que lié au nationalisme.
- La vague anticoloniale (après 1945) : lutte pour l'indépendance, comme le FLN en Algérie ou l'Irgun en Palestine. Ces mouvements utilisaient des méthodes terroristes contre les puissances coloniales.
- La vague de la nouvelle gauche (années 1960-1980) : groupes radicaux comme la Fraction armée rouge (RAF) en Allemagne, les Brigades rouges en Italie, ou encore le Sentier lumineux au Pérou. Le terrorisme de gauche visait à renverser les systèmes capitalistes.
- La vague religieuse (depuis 1979) : marquée par la révolution iranienne et l'essor de groupes se réclamant de l'islam politique, comme Al-Qaïda ou Daech. Attention : la majorité des victimes du terrorisme sont dans des pays musulmans, et ces groupes ne représentent pas l'islam.
Cette périodisation est nuancée : les vagues se chevauchent et les motivations sont souvent hybrides. Elle permet toutefois de comprendre l'évolution des modes d'action et des cibles.
Étude de cas : Al-Qaïda et Daech, deux modèles de terrorisme international
Pour le bac, il est indispensable de connaître deux organisations qui ont marqué le terrorisme international au XXIe siècle.
Al-Qaïda : le réseau global
Al-Qaïda (« la base ») est fondée par Oussama Ben Laden à la fin des années 1980. Elle s'inspire de la lutte contre l'URSS en Afghanistan. Son objectif : créer un califat et chasser les « croisés » et les « apostats » du monde musulman. Al-Qaïda fonctionne en réseau, avec des cellules locales et des franchises (comme Al-Qaïda au Maghreb islamique, AQMI).
Son action la plus spectaculaire est le 11 septembre 2001 : des attentats-suicides aux États-Unis (World Trade Center, Pentagone) font près de 3 000 morts. Cet événement marque un tournant. Il déclenche la « guerre contre le terrorisme » menée par les États-Unis, avec l'invasion de l'Afghanistan (2001) puis de l'Irak (2003).
Daech : l'État islamique, une innovation géopolitique
Daech (ou État islamique, EI) émerge en 2013-2014, profitant de la guerre en Syrie et du chaos en Irak. Il proclame un califat en juin 2014, avec à sa tête Abou Bakr al-Baghdadi. Daech se distingue par :
- Une territorialité : il contrôle un territoire, avec une administration, des ressources pétrolières, et met en place une gouvernance violente.
- Une médiatisation : il utilise les réseaux sociaux pour recruter, diffuser des vidéos de propagande et des mises en scène de violence.
- Des attentats en Occident : Paris (13 novembre 2015), Bruxelles (2016), Nice (2016), etc. Mais aussi des attentats dans les pays musulmans (Bamako, Beyrouth, etc.).
Daech a été militairement vaincu en 2019 (perte de son dernier territoire à Baghouz), mais il reste une menace sous forme de guérilla et de réseaux dormants. Son idéologie inspire encore des attentats « loups solitaires ».
Les enjeux géopolitiques : acteurs, rivalités, souveraineté
Le terrorisme international est au cœur de la géopolitique. Il interroge la notion de souveraineté : comment un État peut-il protéger ses citoyens face à des acteurs non étatiques ? Il exacerbe les rivalités entre puissances.
Les États-Unis ont mené une « guerre contre le terrorisme » globale, avec des interventions militaires, des frappes de drones, et des programmes de surveillance (comme la NSA). La Chine et la Russie utilisent la menace terroriste pour justifier des politiques de contrôle (notamment au Xinjiang pour la Chine). Les puissances régionales, comme l'Iran, l'Arabie saoudite ou la Turquie, utilisent le terrorisme comme levier dans leurs conflits (parfois en soutenant des groupes).
La réponse internationale est complexe : la coopération policière et judiciaire (Interpol, Europol), les sanctions de l'ONU, mais aussi des interventions militaires contestées. Le terrorisme est un prétexte à l'ingérence ou à la lutte d'influence. Par exemple, la coalition internationale contre Daech en Syrie a impliqué des acteurs aux intérêts divergents (États-Unis, Russie, Turquie, etc.).
Il faut aussi noter que la lutte contre le terrorisme peut fragiliser les droits de l'homme : lois d'exception, surveillance de masse, profilage ethnique. C'est un débat crucial en HGGSP : comment concilier sécurité et libertés ?
Méthodologie HGGSP : comment exploiter ce thème aux examens
Le thème du terrorisme peut tomber en dissertation, en étude critique de document ou au Grand Oral. Voici des conseils concrets.
Pour la dissertation
Pense à problématiser. Par exemple : « Le terrorisme international constitue-t-il une menace nouvelle pour les États ? » ou « La lutte contre le terrorisme renforce-t-elle la puissance des États ? »
Mobilise des exemples précis datés et localisés : 11 septembre 2001, attentats de Madrid (2004), de Londres (2005), de Paris (2015), etc. Utilise les notions du programme : puissance, souveraineté, multipolarité, soft power, gouvernance mondiale.
Structure ton plan en deux ou trois parties, avec une progression logique : par exemple, d'abord définir et caractériser, puis analyser les causes et les acteurs, enfin étudier les réponses et leurs limites.
Pour l'étude critique de document
Si tu as un document sur le terrorisme (article, caricature, statistiques), applique la méthode : présenter le document, en dégager les idées principales, puis le critiquer (source, contexte, point de vue). Par exemple, un document sur les attentats de 2015 peut être analysé sous l'angle de la mémoire et de la commémoration.
Pour le Grand Oral
Tu peux choisir un sujet comme « La lutte contre le terrorisme est-elle un facteur de coopération ou de tension entre les puissances ? » Prépare un exposé structuré et anticipe les questions du jury.
Pour t'entraîner, n'hésite pas à consulter les cours HGGSP, les cartes et les exercices disponibles sur AlloHGGSP. Tu y trouveras des fiches et des quiz pour vérifier tes connaissances.
Conclusion : le terrorisme, un révélateur des mutations du monde
Le terrorisme international est un objet d'étude passionnant car il concentre les grandes questions de la géopolitique contemporaine : la place des acteurs non étatiques, la légitimité de la violence, les limites de la puissance militaire, les tensions entre sécurité et libertés.
Pour le bac, retiens que le terrorisme n'est pas un phénomène nouveau ni un bloc monolithique. Il évolue, s'adapte, et les réponses des États sont souvent ambivalentes. Garde un regard critique : les médias et les discours politiques peuvent exagérer la menace ou l'utiliser à des fins de légitimation.
Tu as maintenant les clés pour aborder ce thème avec sérénité. Si tu veux approfondir, découvre aussi les ressources sur AlloLycée et AlloBac pour réviser dans d'autres matières. Bon courage !
