Le thème « Faire la guerre, faire la paix » est l'un des plus riches du programme de spécialité HGGSP en Terminale. Il te permet de comprendre les mécanismes profonds des relations internationales, depuis les conflits interétatiques classiques jusqu'aux nouvelles formes de conflictualité (terrorisme, cyberguerre, guerres hybrides). Ce guide complet te donne les clés pour maîtriser les notions, les exemples et les méthodes indispensables pour réussir tes épreuves, que ce soit la dissertation, l'étude critique de documents ou le Grand Oral.
Définition des notions clés : guerre, paix, conflit
Avant d'analyser les dynamiques, il faut poser des définitions précises. En HGGSP, on distingue rigoureusement ces termes.
La guerre : un affrontement armé et organisé
La guerre est un affrontement armé, organisé et meurtrier entre des groupes politiques (États, coalitions, groupes armés). Le politiste Gaston Bouthoul la définit comme « la lutte armée et sanglante entre groupes sociaux » (1946). Elle se distingue du simple conflit par son caractère violent et organisé. Le droit international, notamment les Conventions de Genève (1949), encadre sa pratique : on parle de jus ad bellum (droit de faire la guerre) et de jus in bello (droit dans la guerre).
La paix : un état non-guerrier, mais pas toujours harmonieux
La paix est souvent définie négativement comme l'absence de guerre. Mais en HGGSP, on distingue la paix négative (simple absence de conflit armé) et la paix positive (état de justice sociale, de coopération, de résolution pacifique des différends). Le philosophe Emmanuel Kant, dans Projet de paix perpétuelle (1795), propose une paix fondée sur la démocratie, le droit et la fédération d'États. Aujourd'hui, des organisations comme l'ONU (créée en 1945) ou l'Union européenne (Prix Nobel de la paix 2012) incarnent des projets de paix positive.
Les formes de conflits : une typologie essentielle
Le programme distingue plusieurs formes de conflits :
- Les conflits interétatiques : opposent des États entre eux (ex. guerre du Golfe 1990-1991).
- Les conflits intra-étatiques : se déroulent à l'intérieur d'un État (guerre civile, ex. Syrie depuis 2011).
- Les conflits asymétriques : opposent un État à un acteur non étatique (terrorisme, guérilla).
- Les conflits hybrides : combinent guerre conventionnelle, cyberattaques, désinformation (ex. guerre russo-ukrainienne depuis 2014).
Cette typologie est fondamentale pour analyser les études de cas et les évolutions de la conflictualité.
Les évolutions de la guerre : de la guerre classique à la guerre hybride
La guerre a considérablement évolué depuis le XIXe siècle. Comprendre ces mutations est central pour le bac.
La guerre classique et la guerre totale
Au XIXe siècle, avec la Révolution française et l'Empire napoléonien, apparaît la nation armée : la guerre devient l'affaire de tous les citoyens. La Première Guerre mondiale (1914-1918) marque l'apogée de la guerre totale : mobilisation de toutes les ressources (humaines, économiques, scientifiques) et violence de masse (Verdun 1916, génocide arménien 1915). Le front et l'arrière se confondent.
La guerre froide : dissuasion nucléaire et guerres périphériques
Après 1945, la guerre froide (1947-1991) oppose les États-Unis et l'URSS sans conflit direct majeur. La dissuasion nucléaire (théorisée par le général Gallois en France) repose sur la menace de représailles massives : c'est la paix par la terreur. Les affrontements se déplacent vers des guerres périphériques (Corée 1950-1953, Vietnam 1964-1975, Afghanistan 1979-1989) et des guerres de décolonisation (Algérie 1954-1962).
Après la guerre froide : l'éclatement des conflits et la guerre hybride
Avec la chute du mur de Berlin (1989) et la disparition de l'URSS (1991), les conflits interétatiques diminuent, mais les guerres civiles et les conflits identitaires se multiplient (Yougoslavie 1991-2001, Rwanda 1994). Depuis les attentats du 11 septembre 2001, le terrorisme international (Al-Qaïda, Daech) redéfinit la conflictualité. La guerre hybride, illustrée par l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014, combine :
- opérations militaires conventionnelles et irrégulières ;
- cyberattaques (ex. contre l'Estonie en 2007) ;
- propagande et désinformation (médias, réseaux sociaux) ;
- pression économique (gaz, sanctions).
Cette complexité rend la distinction entre guerre et paix de plus en plus floue, comme le montre le conflit en Ukraine depuis 2022.
Faire la paix : les modes de résolution des conflits
Si la guerre est une constante, les sociétés ont inventé des mécanismes pour y mettre fin et construire une paix durable.
La diplomatie et la négociation
La diplomatie est l'art de négocier entre États. Le Congrès de Vienne (1815) a instauré un équilibre européen. La conférence de paix de Paris (1919) a créé la Société des Nations (SDN), ancêtre de l'ONU, pour prévenir les guerres. Mais l'échec de la SDN face aux agressions (Éthiopie 1935) montre les limites de la diplomatie sans force.
Les organisations internationales et la paix par le droit
Après 1945, l'ONU (Charte de San Francisco, 1945) incarne la volonté de maintenir la paix et la sécurité internationales. Le Conseil de sécurité peut voter des sanctions ou autoriser des interventions armées (guerre du Golfe 1991). Les opérations de maintien de la paix (casques bleus) sont déployées depuis 1948 (première mission en Palestine). L'Union européenne est un projet de paix unique : la CECA (1951) puis la CEE (1957) ont lié les économies pour rendre la guerre impossible entre la France et l'Allemagne.
La justice internationale : juger les criminels de guerre
Pour réparer et prévenir, la justice pénale internationale s'est développée :
- Procès de Nuremberg (1945-1946) pour les crimes nazis.
- Tribunaux pénaux internationaux pour l'ex-Yougoslavie (1993) et le Rwanda (1994).
- Cour pénale internationale (CPI, créée par le Statut de Rome en 1998) pour juger les génocides, crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
Cette justice est essentielle pour établir la vérité et réconcilier les sociétés, mais elle reste critiquée pour sa sélectivité et son efficacité limitée.
Étude de cas : la guerre en Syrie, un conflit complexe
Pour illustrer les formes de conflits et les difficultés de la paix, l'étude de la Syrie est incontournable.
Un conflit multiforme
Depuis 2011, la Syrie est le théâtre d'une guerre civile qui s'est internationalisée. On y trouve :
- un soulèvement pacifique réprimé par le régime de Bachar al-Assad ;
- une guerre entre le régime, les rebelles, les djihadistes (Daech, Front al-Nosra) ;
- l'intervention de puissances étrangères : Russie (soutien au régime depuis 2015), Turquie (contre les Kurdes), États-Unis (coalition anti-Daech) ;
- l'utilisation d'armes chimiques (2013, 2017, 2018) et la destruction massive de villes (Alep).
Les tentatives de paix et leurs limites
Les négociations de Genève (2012, 2014) et d'Astana (depuis 2017) n'ont pas abouti à une paix durable. Le cessez-le-feu est fragile, et les acteurs régionaux (Iran, Arabie saoudite) poursuivent leurs rivalités. La Syrie illustre la difficulté de faire la paix quand les intérêts géopolitiques divergent et que les acteurs non étatiques prolifèrent.
Méthodologie : réussir les épreuves de HGGSP sur ce thème
Pour le bac, tu dois être capable de mobiliser ces connaissances dans des exercices précis.
La dissertation
Pour une dissertation sur « Faire la guerre, faire la paix », suis cette méthode :
- Analyse du sujet : repère les termes clés (ex. « formes de conflits ») et le cadre spatio-temporel.
- Problématique : transforme le sujet en question (ex. « Comment les formes de conflits ont-elles évolué et comment la paix peut-elle s'instaurer ? »).
- Plan : en 2 ou 3 parties, avec des transitions. Exemple : I. Les formes classiques de la guerre ; II. Les mutations contemporaines ; III. Les mécanismes de construction de la paix.
- Argumentation : chaque argument doit être illustré par des exemples précis (dates, acteurs, lieux).
- Conclusion : rappelle la réponse à la problématique et ouvre vers une perspective (ex. rôle des nouvelles technologies).
L'étude critique de documents
Pour ce thème, tu peux avoir des cartes, des discours, des statistiques. Il faut :
- présenter le document (nature, auteur, date, source) ;
- dégager l'idée principale ;
- critiquer le document (intention, limites, confrontation avec d'autres connaissances).
Le Grand Oral
Si tu choisis ce thème pour le Grand Oral, tu peux développer une question comme : « La dissuasion nucléaire est-elle encore efficace au XXIe siècle ? » Pense à structurer ta réponse, à utiliser des exemples (Ukraine, Corée du Nord) et à montrer l'esprit critique.
Réviser efficacement avec AlloHGGSP
Pour approfondir, n'hésite pas à consulter nos cours détaillés sur ce thème, nos cartes et nos exercices interactifs. Tu y trouveras des fiches de révision, des quiz et des sujets corrigés. Et si tu as besoin d'aide dans d'autres matières, jette un œil à AlloLycée et AlloBac.
Conclusion
Le thème « Faire la guerre, faire la paix » est passionnant et exigeant. Il te permet de comprendre les enjeux majeurs de notre monde : la violence, la négociation, la justice. En maîtrisant les notions, les exemples et les méthodes, tu seras prêt pour le bac et pour devenir un citoyen éclairé. Alors, lance-toi : explore, questionne, et surtout, ne perds jamais de vue que la paix est un combat de chaque instant.
